Ce quatrième numéro d’Etudes Marxistes
de l’année 2003 est consacré à la République
populaire de Chine.
Rolf Berthold est sans aucun doute un spécialiste de premier rang de
la Chine. De 1962 à 1990, il a travaillé au sein du ministère
des Affaires étrangères de la République démocratique
allemande (RDA). De 1982 à 1990, il a également été
le dernier ambassadeur de la RDA en Chine. Il lit le chinois et n’a cessé,
ces dernières années, de suivre de très près la
politique chinoise.
La Chine connaît des bouleversements profonds. Elle rattrape très
rapidement les autres pays développés, se mue en un Etat socialiste
moderne et vient à bout de plusieurs siècles d’arriération
et de pauvreté. Rolf Berthold analyse le récent 16e Congrès
du Parti communiste chinois et relève les questions fondamentales qui
se posent dans l’élaboration de la voie socialiste chinoise : les
privatisations et la propriété d’Etat, la lutte contre les
influences idéologiques bourgeoises, le rôle prépondérant
du Parti communiste, l’économie socialiste de marché, le
gigantesque développement économique et social qui profite au
peuple chinois, le système politique démocratique tel que la Chine
le conçoit, avec son propre système multipartite et sa démocratie
populaire, une évaluation nuancée du passé et de l’important
apport de Mao Zedong, ainsi que des erreurs commises par ce dernier à
la fin de sa vie.
Rolf Berthold insiste sur le fait qu’à l’issue du 16e Congrès,
la nouvelle direction du Parti a proposé de poursuivre la voie de l’édification
socialiste. En effet, la direction du Parti est « très consciente
de l’importante responsabilité qui est la sienne envers l’avenir
du pays et le sort du socialisme en général ». La direction
du Parti parle avec une grande ouverture de tous les problèmes rencontrés
sur la voie du socialisme : l’édification socialiste dans un pays
pauvre, resté à la traîne, et qui compte la population la
plus nombreuse de la planète, constitue une entreprise à la fois
difficile et audacieuse. Elle se déroule par ailleurs au beau milieu
d’une situation internationale devenue complexe et dangereuse, suite à
l’effondrement de l’Union soviétique et à la montée
du bellicisme et des agressions de la part des Etats-Unis qui outrepassent les
Nations unies en tant que forum mondial des peuples.
Aujourd’hui, poursuit Berthold, il n’est aucune force politique
qui ne tienne compte de la Chine. « Les peuples de nombreux pays du tiers
monde espèrent y trouver une solution aux problèmes qu’engendrent
la domination politique, économique et militaire des puissances impérialistes,
le gouffre sans cesse croissant entre les nations riches et les nations pauvres
et leurs propres problèmes économiques et politiques non résolus.
Les communistes et les socialistes de tous les pays se réjouissent des
progrès historiques de la République populaire de Chine sur la
voie du socialisme. Ils espèrent (…) que la République populaire
de Chine donnera corps à l’alternative historique au capitalisme
– qui peut de moins en moins cacher que l’histoire le rattrape,
malgré son apparente marche triomphale à l’issue de la défaite
du socialisme en Union soviétique et en Europe de l’Est. »
Aujourd’hui, la Chine demeure la preuve plus vivante que jamais de la
vitalité et de la viabilité du socialisme.
Berthold fait remarquer que le Parti communiste chinois a tiré des conclusions
très poussées des événements de la fin des années
80. D’une part, il y a la ferme volonté d’élaborer
un socialisme à la chinoise. D’autre part, la politique d’ouverture
et de réformes ne suit pas toujours un développement rectiligne.
Berthold pense que l’on doit toujours considérer l’ensemble
de la politique suivie, que l’on doit évaluer l’orientation
stratégique et que l’on ne doit pas « s’écrier,
à chaque problème qui surgit, que la Chine laisse tomber le socialisme
».
La contribution de Berthold nous livre une histoire succincte de la lutte de
libération chinoise depuis 1921 et de la construction du socialisme depuis
1949. Il rassemble une importante série de chiffres essentiels qui éclairent
la réalité chinoise.
Berthold examine également dans le détail l’actuelle politique
internationale de la Chine. Cette analyse nous présente la Chine comme
une solide pionnière de la paix mondiale et une alliée fiable
des peuples du tiers monde.
Au printemps 2003, Baudouin Deckers a visité la Chine
en compagnie d’une délégation du Comité central du
Parti du Travail de Belgique. Il a eu d’intenses discussions avec divers
dirigeants de premier plan du Parti communiste chinois. La contribution de Baudouin
Deckers reprend les nombreuses questions que se posent les progressistes sur
l’actuelle ligne politique du Parti communiste chinois. « La Chine
introduit le capital privé, tolère la propriété
privée, lance le mot d’ordre “Enrichissez-vous”. Est-il
encore question de socialisme ? » « La Chine d’aujourd’hui
n’est-elle pas confrontée à un important chômage ?
» «Les régions intérieures ne sont-elles pas privées
des progrès importants que connaissent les régions côtières
? » « N’assiste-t-on pas en Chine au développement
d’une nouvelle classe de capitalistes ? » «Des capitalistes,
aujourd’hui, peuvent-ils également devenir membres du Parti communiste
? » « Pourquoi la Chine s’oppose-t-elle avec tant de prudence
à la politique belliqueuse des Etats-Unis ? »
Pour la clarté de l’ensemble, nous avons inséré une
carte de la Chine. Pour ceux qui souhaiteraient davantage d’informations,
nous reprenons également une page de liens intéressants.
Ce numéro propose au lecteur une mise à jour rapide, bien charpentée
et documentée de ses connaissances sur la Chine, son socialisme et sa
politique internationale. Nul besoin, pour apprécier ce numéro,
d’avoir une formation de spécialiste.