Marx.be et l’actualité en date du 4 décembre 2005
Dans cette rubrique, marx.be vous propose la (re)-lecture de
certains articles publiés sur le site qui peuvent vous éclairer
sur un point d’actualité ou sur un de ses aspects.
Cette semaine nous touchons aux points suivants :
Depuis mercredi passé, 30 novembre 2005, un livre est en vente ayant
comme titre “Voor een zelfstandig Vlaanderen” (Pour une Flandre
indépendante). Le fait n’est pas remarquable en soi, du moins
pas en Flandre, ne fût-ce que les auteurs se distancient explicitement
du … Vlaams Belang (ancien Vlaams Blok). Qui sont-ils? Il s’agit
d’un groupe de 15 éminences du monde économique en Flandre
qui se sont associés dans une “think tank” portant le
nom de « Warandegroep ». Ce nom renvoie au quartier bruxellois
du même nom ou ces illustres têtes se réunissent régulièrement.
Le groupe se compose entre autres de Herman de Bode, directeur du bureau
d’études McKinsey, René De Feyter, ancien directeur
du Vlaams Economisch Verbond, Manu Ruys, assez connu comme ancien rédacteur
en chef et chroniqueur du journal De Standaard, Frans Crols, directeur de
l’hebdomadaire Trends. Le leader est Remi Vermeiren, ex-chef de la
banque KBC.
Le message – propagande pour une Flandre indépendante –
n’est pas nouveau, loin de là. Mais le fait remarquable est
qu’il s’agit d’une étude « basée uniquement
sur des données purement économiques », loin de n’importe
quelle vision politique, assurent ainsi les auteurs. D’après
eux, l’étude prouve que non seulement la Flandre mais en même
temps Bruxelles et la Wallonie seraient mieux lotis si elles étaient
transformées en régions indépendantes en l’Union
Européenne. Ainsi la fine fleur du monde économique Flamand
se prononce-t-elle pour la première fois ouvertement en faveur de
la stratégie de scission de l’extrême droite flamande.
Pour en apprendre plus sur la naissance et le développement du spectre
de l’ultranationalisme qui surgit toujours en de plus nombreux endroits
en Flandre, il ne faut pas manquer de lire le
n° 49 des Etudes marxistes. Vous le trouverez ici.
Le 12 novembre 2005, Maurits Coppieters, personnage influent et figure
de proue flamingant est décédé. C’était
un nationaliste flamand inébranlable depuis la résurrection
du flamingantisme après la 2ième guerre mondiale. Coppieters
était une des forces dynamiques derrière la Volksunie et la
« Vlaamse Volksbeweging », ex-sénateur et ex-président
du NCOS (coupole tiers-mondiste en Flandre, actuellement 11.11.11, l’équivalent
du CNCD de la communauté française).
Dans les rubriques nécrologiques en Flandre, Coppieters est défini
comme un penseur social, progressiste et visionnaire. Pour souligner son
rôle de rénovateur, ces rubriques mentionnent parfois le projet
« Het Sienjaal » qu’il voulait mettre sur pied avec un
autre rénovateur du SP.a (Parti Socialiste Flamand), Norbert De Batselier.
Ce projet était mis en avant en 1996 comme radical et démocratique.
Puisque Het Sienjaal regagne ainsi les journaux en Flandre, nous voulons
également attirer votre attention sur l’article de Kris Merckx
dans le n° 36 de Marxistische Studies en 1997« Het Sienjaal: een
mix van ethisch socialisme en Vlaams nationalisme ». L’analyse
de Merckx montre que Coppieters et De Batselier avaient adopté comme
base politique l’idéologie de… Heni De Man. De Man était
le président du POB, le Parti Ouvrier Belge (précurseur de
PS d’aujourd’hui) juste avant la 2ième guerre mondiale
et accueillit les bras ouverts le fascisme allemand quand celui-ci envahit
la Belgique. Lire la traduction de l’article Le
Sienjaal d’une nouvelle poussée à droite sur notre
site.