Études marxistes


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Kurt Gossweiler

Lexique

ACCORDS DE LOCARNO. En octobre 1925, une conférence autour des questions de sécurité européennes se tient à Locarno (Suisse). L’Allemagne y est représentée par le chancelier Hans Luther et le ministre des Affaires étrangères Gustav Stresemann. Avec leurs homologues italiens, français, britanniques, belges, polonais et tchécoslovaques, ils concluent les accords définissant les fondements d’un système de sécurité et de paix en Europe. L’Allemagne, la France et la Belgique renoncent à toute modification de leurs frontières opérée par des moyens violents. L’État allemand reconnaît officiellement ses frontières occidentales telles que les a fixées le traité de Versailles, de même que le statut démilitarisé de la Rhénanie. En cas de violation du traité, la Grande-Bretagne et l’Italie sont censées intervenir en tant que puissances garantes afin de venir en aide au pays lésé. «Locarno» permet à la république de Weimar de briser son isolement sur le plan international. Lors de la conférence, l’accession de l’Allemagne à la Société des Nations est convenue, mais on ne parvient toutefois pas à dégager une reconnaissance de la frontière germano-polonaise, l’Allemagne se réservant expressément la possibilité de remodeler le tracé de sa frontière orientale.

ACCORDS DE PITTSBURGH. Le 30 mai 1918, peu de temps avant l’effondrement de l’Autriche-Hongrie, des représentants d’organisations slovaques et tchèques se réunissent à Pittsburgh (USA) et se mettent d’accord pour fonder un nouvel État commun. La république indépendante de Tchécoslovaquie sera proclamée à Prague le 28 octobre 1918.

ADGB. « Allgemeiner Deutscher Gewerkschaftsbund », depuis juillet 1919 l’organisation de coordination des syndicats allemands (au nombre de 52 en 1919).

ALLDEUTSCHER VERBAND. On appelait « Alldeutschers » (pangermanistes) les partisans d’un mouvement politique qui associait la revendication du renforcement de la conscience nationale allemande à des objectifs «populaires » et impérialistes. Après 1918, sous la présidence de Heinrich Class, l’« Alldeutscher Verband » fit de l’agitation contre la république de Weimar, exigea la fondation d’une « dictature nationale » et, en compagnie d’une association fortement antisémite, le refoulement des «groupes ethniques étrangers ».

DER ANGRIFF. (L’Attaque). Le journal de propagande du NSDAP parut à partir du 4 juillet 1927, à raison de deux livraisons hebdomadaires avant de se muer en quotidien dès octobre 1930.

ANSCHLUSS. Le 12 mars 1938, les troupes hitlériennes pénètrent en Autriche sans rencontrer de résistance. L’Autriche est annexée à l’Empire allemand.

BRAUN (OTTO). Otto Braun (SPD) fut entre 1920 et 1932 le ministre-président du Land de Prusse. Durant cette longue période, la Prusse constitua l’un des piliers les plus fiables de la république de Weimar, surnommée également le «bastion démocratique» par les gens de l’époque. Le 20 juillet 1932, le « Preussenschlag » (coup d’État de Prusse) de von Papen met un terme au troisième cabinet de Braun.

CORPS FRANCS. (Freikorps). Groupes de volontaires composés d’anciens soldats monarchistes et de droite de la Première Guerre mondiale. Les 120 corps francs comptaient quelque 400000 membres et défendaient surtout des points de vue antirévolutionnaires et antidémocratiques.

DIMITROV. (Georges). Dimitrov (1882-1949) joua un rôle important en 1919 dans la fondation des syndicats et du Parti communiste de Bulgarie. À partir de 1921, il représenta son parti au sein de l’Internationale communiste (Komintern). En septembre 1923, il dirigea une insurrection populaire contre le régime d’A. Zankov en Bulgarie. Après l’échec de l’insurrection, le PCB fut déclaré illégal. Dimitrov fut condamné deux fois à mort mais put s’échapper et se réfugia en Allemagne, où il fut élu en 1929 à la tête de la section de l’Europe centrale du Komintern. Bien connue est la défense de Dimitrov lors du simulacre de procès intenté contre lui par les nazis, qui l’avaient accusé de l’incendie du Reichstag à Berlin, le 27 février 1933.

EISERNE FRONT. (front de fer). Il naquit en décembre 1931 et fut conçu en tant que front puissant contre les forces de droite. Y collaboraient : la Reichsbanner, l’ADGB et le SPD, sans toutefois arriver à constituer le front uni souhaité. L’emblème de l’organisation consistait des trois flèches de la liberté, symbolisant les trois adversaires: les nationalsocialistes, les communistes et la noblesse conservatrice. Lors du coup d’État de von Papen en Prusse, le front de fer n’eut pas de réponse adaptée. Un an plus tard, après la prise du pouvoir par les national-socialistes, l’interdiction de la Reichsbanner et des syndicats scella également le sort du front de fer.

FLANDIN. (Pierre-Étienne) (1889-1958). Du 8 novembre 1934 au 31 mai 1935, Flandin fut, en France, président du Conseil, puis, sous Albert Sarraut, ministre des Affaires étrangères (24 janvier – 30 mai 1936). Au sein du gouvernement de Vichy, il allait encore être appelé à remplir ces dernières fonctions (13 décembre 1940 – 9 février 1941), essayant toutefois ensuite de rejoindre les alliés par l’Afrique du Nord. Il échoua en raison de sa capture par les « Forces françaises libres » (FFL).

GLEICHEN-RUSSWURM. (Heinrich von -). En 1918, en compagnie de quelques sommités conservatrices, il fonda l’« Association de solidarité nationale et sociale », qui proposait une nouvelle politique, indépendante des partis, avec un large soutien social et sous la direction dictatoriale d’une seule figure du pouvoir. Parmi les membres du très élitiste «Deutsche Herrenklub » – c’est ainsi que l’association allait s’appeler à partir de 1924 –, figuraient, entre autres, Heinrich Brüning, Wilhelm von Gayl et Franz von Papen. En 1944, le «Herrenklub» fut dissous.

HINDENBURG. (Paul von Beneckendorff und von -) (1847- 1934). Hindenburg fit carrière dans l’armée entre 1870 et 1911. En 1914, il reprit du service et accéda au grade le plus élevé. Après la guerre, il se retira de la vie politique et militaire mais fut rappelé une fois de plus à l’avantplan par les partis de droite en tant que candidat à la présidence de la république de Weimar. De 1925 à sa mort, c’est la fonction qu’il remplit. Ensuite, Hitler, que Hindenburg avait aidé à accéder au pouvoir en 1933, lui reprit le titre de « chef de l’État ».

HLINKA. (Andrej) (1864-1938). Prêtre slovaque et figure de proue des nationalistes slovaques, il quitta le Parti populaire chrétien démocrate (hongrois) lorsque celuici accepta la «magyarisation» de la Slovaquie, telle qu’elle était propagée par l’État hongrois, dont la Slovaquie faisait partie à l’époque. Lors de la création de la Tchécoslovaquie, en 1918, Hlinka devint membre du Conseil national slovaque, mais il se distancia bien vite de l’idéologie d’une nation tchécoslovaque unifiée. Il devint président du Parti populaire slovaque, qui revendiquait une autonomie bien plus réelle pour la Slovaquie. L’idéologie de Hlinka était caractérisée par le nationalisme, un cléricalisme extrême, l’anticommunisme et l’antisémitisme. À la fin de sa vie, il chercha à se rapprocher du fascisme.

HUGENBERG. (Alfred) (1865-1951). En 1891, en compagnie de Carl Peters, il fonda l’« Allgemeiner Deutscher Verband » (« Alldeutscher Verband » à partir de 1894), qui prônait comme objectifs la promotion de la conscience nationale, la protection de la présence allemande à l’étranger et une politique extérieure active de l’Empire. Entre 1916 et 1920, il mit sur pied le «Hugenberg-Konzern», qui comprenait une maison d’édition, des agences de presse, des agences de publicité, des services de correspondance, des entreprises cinématographiques, et qui avait en outre d’importants intérêts dans des journaux. Au début des années 1920, c’est surtout par le biais de ses agences de presse que Hugenberg exerça une influence prépondérante sur la presse de droite. En 1918, il devint membre, puis, en 1928, président du « Deutschnationale Volkspartei» (DNVP – Parti populaire national allemand), qu’il représenta au parlement dès 1919. De même, après la dissolution du DNVP, en juin 1933, il reste membre du Reichstag en tant qu’invité du NSDAP. En 1933, dans le cabinet Hitler, il devint ministre de l’Économie, de l’Agriculture et de l’Approvisionnement alimentaire. Entre-temps, il était également devenu partisan d’une limitation des pouvoirs de Hitler.

KAPP-LÜTTWITZ. (le putsch de -) (1920). Le traité de Versailles stipulait une réduction du nombre de soldats de métier à 100 000 et la dissolution des corps francs, composés de volontaires. Frustrés, des officiers des corps francs répondirent en fondant des organisations de conspirateurs d’extrême droite comme la « Nationale Vereinigung ». Quand, en février 1920, le ministre de la Reichswehr, Gustav Noske, décida de dissoudre la Brigade de Marine de Hermann Ehrhardt et le corps francs Loewenfeld, le général von Lüttwitz, commandant de cette même Bridage de Marine, occupa dès le 13 mars le quartier gouvernemental de Berlin et nomma l’officier des corps francs Wolfgang Kapp comme chancelier du Reich. Le putsch tourna court au bout de quatre jours. En effet, le gouvernement ne suivit pas les ordres de Kapp et une grève générale paralysa la vie publique. Mais lorsque les forces de gauche de Saxe, Thuringe et de la Ruhr transformèrent la grève en révolte, le gouvernement engagea contre elles l’armée et les corps francs?

LUDENDORFF. (Erich) (1865-1935). D’origine noble, il suivit une formation militaire. En compagnie de son supérieur, Paul von Hindenburg, il se vit confier en 1916 le commandement de l’armée allemande. Lors des pourparlers de paix de Bucarest en 1917-1918, Ludendorff fit valoir d’énormes exigences en vue d’importantes extensions territoriales vers l’est. Après l’échec de l’offensive du printemps 1918, Hindenburg et Ludendorff durent capituler. Entre 1920 et 1924, il collabora étroitement avec Hitler.Il fut également accusé à propos du putsch de Hitler, mais fut acquitté. Entre 1924 et 1928, il représenta le «National- sozialistische Freiheitspartei » (Parti national-socialiste de la liberté) au parlement. En 1928, il rompit avec le NSDAP.

MASARYK. (Tomas Garrigue) (1850-1937). Il fut à l’origine de la création du nouvel État tchécoslovaque et en fut également son premier président.

NSDAP. (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei – Parti national-socialiste des travailleurs allemands). C’est la nouvelle dénomination adoptée le 24 février 1920, lors d’un meeting de masse à Munich, par le «Deutsche Arbeiterpartei » (DAP – Parti allemand des travailleurs), qui avait été fondé au début de 1919. Le 29 juillet 1921, une assemblée générale des membres octroyait à Hitler la présidence du parti avec les pleins pouvoirs dictatoriaux. Après son putsch manqué du 9 novembre 1923 et son séjour en prison, Hitler fondait à nouveau le parti le 26 février 1925. Le « culte du führer » et le charisme de Hitler devenaient des éléments centraux du NSDAP. Entre 1925 et 1930, le nombre de membres du parti passait de 27000 à quelque 130 000. Lors des élections parlementaires du 28 mai 1928, le NSDAP obtenait 2,6 % des voix. Suite à la crise économique et à la paupérisation massive, les élections suivantes du 14 septembre 1930 lui assuraient un succès retentissant : avec 18,3 %, il devenait le second parti du pays et son nombre de parlementaires passait brusquement de 12 à 107. Avec 37,4 % aux élections de juillet 1932, le NSDAP devenait le premier parti. Mais avec son score en baisse lors des élections parlementaires du 6 novembre 1932, le parti connaissait une crise. En janvier 1933, Franz von Papen, chargé par Hindenburg de former un nouveau gouvernement, proposait à Hitler le poste de chancelier du Reich au sein d’un cabinet national- conservateur.

PACTE (OU ENTENTE) DES BALKANS. Le 9 février 1934, la Yougoslavie, la Grèce, la Roumanie et la Turquie scellent une alliance militaire principalement dirigée contre le révisionnisme bulgare.

PETITE ENTENTE. Une alliance entre la Roumanie, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie naquit dans les années 1920-1921 en guise de mesure préventive contre une possible révision par l’Autriche ou la Hongrie des frontières de l’Europe telles qu’elles avaient été fixées dans le traité de Versailles. En 1938, lorsque l’Allemagne menaça la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Yougoslavie prétendirent que la « Petite Entente » n’était dirigée que contre la Hongrie et que, dans ce cas, elles n’avaient donc aucune obligation contractuelle avec Prague. En outre, en 1939 et 1940, la Hongrie parvint encore à acquérir des territoires de la Roumanie et de la Tchécoslovaquie sans qu’un seul pays n’élève la moindre protestation.

POLOGNE DU CONGRÈS. En alliance étroite avec la France, le duché de Varsovie allait participer à la campagne napoléonienne de Russie. Après la chute de Napoléon, le royaume de Pologne (appelé aussi Pologne du Congrès) fut constitué à partir du duché amputé de sa province de Posnanie, accordée à la Prusse, et il fut rattaché à la Russie en union personnelle ; il reçut sa propre constitution et sa propre armée.

« REICHSBANNER SCHWARZ-ROT-GOLD ». (Le drapeau impérial noir rouge et or – en abrégé Reichsbanner). Cette organisation fut fondée en 1924 suite à l’initiative du SPD et en guise de protection de la démocratie parlementaire. L’association allait devenir l’une des plus grosses organisations de masse de la république de Weimar. Après 1930, la «Reichsbanner» allait revêtir un caractère nettement militaire afin de pouvoir faire face à la violence croissante des SA.

REICHSWEHR. Dénomination de l’armée de la république de Weimar, dont le traité de Versailles réduisit considérablement les effectifs et les systèmes d’armement (pas de forces aériennes, pas de véhicules blindés ni d’artillerie lourde, pas de sous-marins ni de lourds vaisseaux de guerre, pas de production ou de détention de gaz de combat). Pour les soldats et les sous-officiers, le service durait 12 ans, 25 ans pour les officiers. Des 34 000 officiers que comptait l’armée impériale, seuls 4000 purent être maintenus en fonction. La moitié des généraux appartenait à la noblesse. Après de putsch de Kapp-Lüttwitz, les membres de la «Reichswehr» perdirent le droit de vote, ce qui, au sein de l’armée, conduisit à une distanciation et à une aliénation du système politique de la république de Weimar. Le corps des officiers entretenait toutefois des relations avec des organisations de droite comme le «Stahlhelm» (casque d’acier) ou le NSDAP. Avec la loi du 16 mars 1935 sur la restauration du service militaire obligatoire, l’appellation «Reichswehr» fut modifiée en «Wehrmacht».

(LE) RESTE DE LA TCHÉCOSLOVAQUIE. La partie de la Tchécoslovaquie qui subsistait après l’annexion par Hitler des territoires germanophones des Sudètes.

RÉVISIONNISME. L’Allemagne tenta d’obtenir une révision des dispositions du traité de Versailles, surtout à propos des questions de la responsabilité de la guerre, de l’obligation de payer des dommages de guerre, de l’interdiction d’annexer l’Autriche et de sa nouvelle frontière orientale.

NOVEMBRE. (La révolution de -). En guise de protestation contre l’absurdité de poursuivre la guerre, les marins de l’armée allemande entamèrent une insurrection le 28 octobre 1918. Ils empêchèrent la sortie des navires vers l’Angleterre. Ils constituèrent un conseil des soldats. Les hommes de l’infanterie refusèrent d’intervenir contre les marins. Les travailleurs des chantiers navals de Kiel se joignirent à la révolte et constituèrent leurs propres conseils ouvriers. C’est avec l’aide du parti social-démocrate que, finalement, la révolution de Novembre fut réprimée dans le sang.

LOI DES PLEINS POUVOIRS DU 23 MARS 1933. Le 23 mars 1933, sur proposition du chancelier du Reich Hitler, le parlement allemand adoptait la loi des pleins pouvoirs à une majorité des deux tiers. Les sociaux-démocrates votèrent contre cette loi. Après l’incendie du Reichstag, les représentants du Parti communiste furent dessaisis de leurs mandats parlementaires et un grand nombre d’entre eux furent enfermés dans des camps de concentration. La loi des pleins pouvoirs modifiait la constitution de Weimar et donnait au gouvernement le droit de promulguer des lois sans qu’il soit nécessaire que le parlement les approuve. La loi des pleins pouvoirs allait demeurer la base juridique de la législation allemande jusqu’à la fin du régime nazi, en mai 1945.

RITTER VON KAHR. (Gustav). Ritter von Kahr (1862-1934) était ministre président de la Bavière à l’époque de la tentative de coup d’État de Hitler (1924). C’est sous sa direction dictatoriale que naquit un important foyer de droite en Bavière où, bien vite, les partis et groupements de gauche furent interdits. Pourtant, Kahr ne se rangea pas aux côtés de Hitler et il réprima le putsch de ce dernier avec violence. En 1924, lors du procès de Hitler, von Kahr témoigna contre ce dernier ainsi que contre Hindenburg et Röhm. Lors de la «Nuit des Longs Couteaux», en 1934, Kahr fut assassiné par les SS de Hitler.

ROTE FAHNE. (drapeau rouge). Le journal fut fondé le 9 novembre 1918 par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg et parut jusqu’en 1942 – dans l’illégalité durant les dernières années. À l’origine, principal organe de presse de la Ligue spartakiste, il devenait en 1920 le principal journal du Parti communiste d’Allemagne. Quotidien, son tirage en octobre 1920 était de 30 000 exemplaires, pour passer à 130 000 en 1932. Devenu illégal sous la dictature fasciste, son tirage et sa fréquence entre 1933 et 1942 allaient varier selon les circonstances.

SA. (Sturmabteilung – section d’assaut). Les SA furent créées le 3 août 1921 sur l’ordre de Hitler. Agitation et préparation paramilitaire à la lutte du mouvement national- socialiste contre la république de Weimar : tels étaient leurs idéaux. Non liée officiellement au NSDAP jusqu’en 1925, l’organisation recrutait parmi d’anciens portiers et membres des corps francs dissous. En faisaient également partie de nombreux officiers d’extrême droite ayant collaboré au putsch Kapp-Lüttwitz. En novembre 1923, sous le commandement de Hermann Göring, quelques centaines d’hommes armés des SA participèrent au putsch (manqué) de Hitler. Après 1925, l’organisation se muait en un mouvement puissant chargé de compléter la propagande des national-socialistes par la « conquête de la rue ». Sous la direction d’Ernst Röhm, elle devint une organisation de masse de plus de 400000 membres en 1933 et de près de 4 millions en 1934. Les efforts de Röhm afin que la gigantesque armée du parti acquière une autonomie organisationnelle en tant que future milice populaire nantie du monopole officiel du port d’armes (en concurrence avec la «Reichswehr») se soldèrent par l’élimination des SA (« Nuit des Longs Couteaux »).

SS. (Schutzstaffeln = échelons de protection). Le 9 novembre 1925, Hitler fonda une nouvelle garde personnelle, les SS. Les SS étaient une composante des SA censée protéger Hitler personnellement ainsi que les assemblées du NSDAP. À partir de 1929, Heinrich Himmler fit des SS une organisation d’élite dont les caractéristiques étaient la fidélité et l’obéissance inconditionnelles au führer. En 1931, les SS purent constituer leur propre service de sécurité, le SD (Sicherheitsdienst), avec, à sa tête Reinhard Heydrich. Bien vite, le SD devient une institution autonome sous la direction du Reichsführer-SS. En 1933, les SS comptaient 209000 membres. Se muant en police du parti, ils allaient remporter sur les SA la lutte pour obtenir la préférence de Hitler. Durant la Seconde Guerre mondiale, deux de leurs composantes tristement célèbres allaient être les Waffen-SS et la Gestapo.

STRASSER. (Gregor) (1892-1934) participa en novembre 1923 au « putsch de Hitler » et fut condamné à un an et demi de prison. Après la nouvelle fondation du NSDAP, Strasser s’y réaffilia et se vit confier la tâche de construire le parti en Allemagne du Nord. La tentative d’opérer une scission (en compagnie de Goebbels) par rapport à la ligne sud-allemande du NSDAP et de suivre une ligne plus « socialiste », échoua finalement en raison de la position de force de Hitler au sein du parti. En compagnie de son frère Otto (1897-1974), il fonda en 1928 le «Kampfverlag » qui allait s’emmêler dans une lourde lutte concurrentielle avec l’« Angriff » de Goebbels. En 1934, Strasser fut abattu par la Gestapo durant la « Nuit des Longs Couteaux ».

STRESEMANN. (Gustav). Stresemann (1878-1929) participe en 1918 à la fondation du « Deutsche Volkspartei» (DVP) et se mue bientôt en l’un des hommes politiques les plus influents de ce parti. En 1923, il devient chancelier d’un cabinet qui parvient à mettre un terme à l’inflation mais tombe quand même au bout de deux mois pour désaccord à propos de l’intervention dans les troubles qui ont éclaté en Saxe, en Thuringe et en Bavière. Ensuite, entre 1923 et 1929, il sera ministre des Affaires étrangères dans trois cabinets successifs.

THÄLMANN. (Ernst). Thälmann (1886-1944) fut de 1925 à 1933 président du KPD et, entre 1924 et 1933, membre du parlement. En 1924, il devint membre du Comité exécutif de l’Internationale communiste. Après la prise de pouvoir des nazis, Thälmann fut arrêté pour être finalement exécuté en août 1944 au camp de concentration de Buchenwald.

TRAITÉ DE MUNICH. (29 septembre 1938). Traité par lequel Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier se sont mis d’accord pour que la région des Sudètes soit incorporée au Reich allemand. L’Angleterre et la France allaient se montrer garantes pour le maintien de la partie restante de la Tchécoslovaquie et Hitler promettait de ne plus émettre la moindre revendication territoriale en Europe. Le fait remarquable, c’est que ni la Tchécoslovaquie ni son alliée l’Union soviétique n’avaient été invitées aux discussions. L’armée allemande occupa la région des Sudètes dès le 1er octobre 1938. La région des Sudètes était, depuis 1918, l’appellation des parties de la Bohême, de la Moravie et de la Silésie autrichienne où vivaient 3,5 millions de germanophones. Jusqu’en 1918, ces trois régions avaient constitué une partie de l’Autriche-Hongrie et, entre 1918 et 1938, elles firent partie de la Tchécoslovaquie.

TRAITÉ DE VERSAILLES. Le 18 janvier 1919, des représentants de 32 nations se réunirent à Versailles pour se concerter sur les traités de paix à faire signer par l’Allemagne et pour discuter du remodelage complet de l’Europe centrale et de l’Est. Les principales décisions furent prises par les chefs de gouvernement de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Italie et des États-Unis. Les traités consistaient entre autres à imputer à l’Allemagne la responsabilité de la Première Guerre mondiale et, partant, à lui faire payer des réparations considérables, à lui faire céder un vaste territoire, dont toutes ses colonies, et à ne plus la laisser disposer que d’une armée très réduite.

VORWÄRTS. Depuis 1876, l’organe de parti du SPD, fondé un an plus tôt.

ZENTRUM. (Centre). Parti politique à tendance catholique, fondé en 1870. De même que sous l’Empire, il fut, durant la république de Weimar, le parti au pourcentage de voix le plus constant et, jusqu’à la fin, il conserva toujours au Reichstag une représentation de 60 à 75 parlementaires. Le parti participa à toutes les élections jusqu’en 1932 et cinq de ses hommes politiques furent chanceliers : Konstantin Fehrenbach, Josef Wirth, Wilhelm Marx, Heinrich Brüning et – plus tard sans parti – Franz von Papen. Politiquement, ces hommes différaient : du libéral de gauche Wirth au très national-conservateur Papen. Dernier des partis bourgeois, le «Zentrum» décida sa propre liquidation le 5 juillet 1933.