Le beau monde du travail détourné

Table des matières: 
Études marxistes no. 115
Auteur: 
Lothar Geisler

Essai d’un travailleur lecteur qui ne veut pas perdre de vue la forêt que cachent les arbres, même digitaux

Connecté avec l’avenir

C’est avec un cerveau en ébullition qu’on se livre à l’examen des changements foudroyants qui s’annoncent dans un futur proche, y compris dans le monde de la production et « dans la chaîne de la valeur ajoutée1 » : Cyber-Physical Systems (CPS), Cyber Physical Production Systems (CPPS), Enterprise Resource Planning Systems (systèmes ERP), PPS (système de planning et de pilotage de la production), cloudworking, crowdsourcing, etc. De quoi s’agit-il essentiellement ? Certainement pas d’une nouvelle technique seulement, mais aussi d’une nouvelle organisation du procès de production jusqu’à la vente. Bref, il s’agit de la prise de conscience de la mise en réseau universel des hommes (producteurs et consommateurs) et des machines (calculatrices et productrices) dans le World Wide Web. Les machines, équipées de senseurs, vont collecter toujours plus de données, vont les exploiter toujours plus vite et se piloter toujours plus elles-mêmes. Tandis que, par le passé, les décisions et actions humaines ainsi que la force de travail étaient « intégrées », des « outils pensants » interconnectés se règlent (apparemment) d’eux-mêmes et marchent pour ainsi dire en « pilote automatique ». En plus bref encore : dans « l’Internet des objets » (le frigo se connecte au commerçant : « il n’y a plus de lait ! »), il faut inclure aussi la production industrielle.

Dans un article central du journal du personnel du trust chimique Evonik, j’ai lu : « Le nouveau monde des données révolutionne les manières actuelles de penser et de travailler. Evonik contribue puissamment à ces changements. Industrie 4.0 : Cela devient smart2. » Il s’agit de tout nouveaux produits, matériaux pour imprimantes 3D, matériaux doux pour robots, qui bientôt travailleront au coude à coude avec des humains, et matériaux qui fonctionnent eux-mêmes comme senseurs ou accumulateurs de données ou d’énergie. Il s’agit de plus de flexibilité, de concepts modulaires et flexibles d’aménagements qui permettent à l’entreprise, par des cycles de production et d’innovation plus courts, de fournir à ses clients de manière rentable de nouveaux produits plus rapidement et en plus petite quantité.

Automatiser la production et la piloter à distance, ce n’est vraiment pas une nouveauté dans l’industrie chimique. À l’avenir, des senseurs et des sources de données supplémentaires collecteront encore plus de données, en particulier des données périphériques au procès de production strictement dit : stock des matières premières entrantes, informations de marché et de prix, prévisions météorologiques et flux de déchets et d’eaux usées ; cela permettra de visualiser plus précisément le processus de production et de mieux le piloter.

Comment cela doit fonctionner concrètement, cela fait encore l’objet de recherches et de projets pilotes, comme le projet SIDAP subventionné par l’État allemand, donc avec nos impôts. Son intitulé est révélateur : « projet d’intégration évolutive de la collecte, de l’analyse et du traitement de grandes quantités de données3 dans l’industrie de processus ». Evonik, IBM et l’université technique de Munich procèdent à des tests pratiques de collecte et d’exploitation de grandes quantités de données dans les processus de production et élaborent des standards communs. Un autre groupe de recherche qui répond au nom de Manufacturing Intelligence étudie entre-temps comment les ordinateurs peuvent reconnaître et rendre utilisables certains motifs récurrents dans des montagnes toujours plus impressionnantes de données. Et dans un autre projet pilote, on étudie, avec un producteur d’outillage, à partir de l’exemple d’une soupape, quelles données sont nécessaires et de quelle façon les remplacer, les traiter, les chiffrer et les protéger. L’usine « intelligente » a besoin de « composants intelligents », donc même soupapes, pompes et réservoirs doivent devenir « intelligents ».

Prendre ce tournant représente une lourde tâche, en particulier pour le département informatique de l’entreprise. Celui-ci a d’ailleurs été déjà rebaptisé en 2014 Global IT & Process Center. En pensant à l’avenir, la nouvelle patronne exprime sa préoccupation de la protection du know-how, autrement dit de la sécurité informatique. Quelque mille collaborateurs administratifs d’Evonik ont bien d’autres soucis, par exemple les Financial Services (comptabilité) et même le département informatique interne, parce que leurs emplois sont devenus excédentaires et vont être « rationalisés ». Pas un mot à ce sujet dans l’article sur les bienfaits du « smart manufacturing » ; on n’y fait aucun lien entre ces deux questions. Dans une étude abondamment citée d’ING.DiBa, on peut cependant lire quels domaines perdront le plus d’emplois dans la poussée des nouvelles technologies : tâches administratives (bureau, secrétariat, collaborateurs administratifs), travail peu qualifié (comme magasin, logistique), mécaniciens, chauffeurs et opérateurs de machines.

L’éternel noyau dur essentiel

L’étiquette qu’on colle à ce bouleversement technique et organisationnel du marché du travail importe peu : « Industrie 4.0 », « Smart Factory », « Office 2.0 », « Économie 4.0 », « transformation digitale », « deuxième ère de la machine », « digitalisation du travail », « Internet industriel »… Dans toutes ces nouveautés, dans toutes les questions de détail qui se posent maintenant et qui ne sont pas résolues (y compris par le marxisme en tant que science), il y a un noyau dur essentiel qu’on peut rendre suffisamment compréhensible aux travailleurs, en n’utilisant qu’un très petit nombre de concepts bien connus, comme automation, flexibilisation, rationalisation, intensification, maximation du profit.

Comme travailleur lecteur, on ne doit donc pas se laisser entraîner par les modes successives du « tout est tellement nouveau ». Il y a à cela deux raisons. Premièrement : derrière ces aspects concrets et ces nouveaux développements se cachent toujours les mêmes motivations du capital qu’auparavant. Deuxièmement : on peut ainsi plus clairement jeter un pont entre les expériences (de lutte de classes) de « révolution industrielle » qu’on a accumulées jusqu’ici et les concepts et instruments organisationnels existants4. Car tout l’intérêt de nouvelles expériences de lutte — comme celles des nouveaux clickworkers et de leurs collègues dans l’entreprise en ligne Amazon5 — ne diminue pas la signification des anciennes.

Et cet éternel noyau dur, essentiel, c’est quoi ? Il y a bien trente ans, lorsque les scientifiques marxistes et le mouvement ouvrier étaient tous deux plus forts et leur lien plus étroit, on le formulait ainsi : « … de nouveaux moyens de travail qui remplacent certaines formes d’activité humaine, mais sont des instruments de relations humaines… sont, sous les rapports capitalistes de classe et de propriété, développés comme forces productives du capital et ne sont donc pas des techniques “neutres”, mais un moyen d’intensifier, d’économiser, de rationaliser la reproduction du capital ; cela influence donc de manière essentielle l’organisation de la manière dont ces moyens de production sont mis en œuvre et appliqués. L’universalité de cela ne réduit pas le lien avec les intérêts de valorisation du capital ; son application se situe bien plutôt dans la contradiction entre la rationalité d’une entreprise et la concurrence dans la société. Ce sont des instruments de rationalisation capitaliste visant l’intensification du travail salarié et non des moyens d’épanouissement volontaire, planifié de la personnalité et des forces de production des individus6. »

C’est ainsi que la BDA, la coordination des organisations patronales allemandes, dans sa déclaration sur la digitalisation (mai 2015) continue à mettre en avant la logique concurrentielle et de position et y voit de nouvelles possibilités de dérégulation encore plus offensive des droits en matière de travail, de services sociaux et de participation, de flexibilisation des horaires de travail et de démantèlement du reste des règles sociales établies par l’État. Conséquence : davantage de travail intérimaire, davantage de contrats pour des prestations isolées de travail et de service, davantage de missions temporaires. Au lieu d’une journée de 8 heures au plus, on aurait une durée maximum hebdomadaire de 48 heures. Le règlement d’entreprise devrait être adapté à la plus grande vitesse prévisible des processus de décision et de transformation. Des « potentiels de ralentissement » — par quoi l’on vise les droits de participation des conseils d’entreprise — seraient supprimés. Ce sont des choses que madame Merkel aussi veut réaliser comme « démocratie de marché ». Et quand le patron de la BDA donne ces précisions, il n’empoisonne pas du tout le débat sur le Travail 4.0 — pour reprendre la formulation de notre collègue Buntenbach (DBG7) dans sa critique. Il le clarifie plutôt : l’intérêt du capitalisme de monopole est le poison qui, à l’affût de tous les aspects du développement des forces productives, entraîne tous ces aspects destructifs qui nous inquiètent. Le problème premier n’est pas la révolution scientifique et technologique, mais le retard de la révolution sociale.

Des possibilités et des risques

« Les grandes lignes du monde du travail 4.0 sont reconnaissables, même si nous avons encore devant nous un long parcours. Nous nous trouvons maintenant à la croisée des chemins. » Cela se trouve dans l’avant-propos du livre que je recommande à tous les travailleuses et travailleurs qui lisent, qui interviennent sur cette question et veulent juger par eux-mêmes diverses positions : l’annuaire Gute Arbeit 2016. « Du point de vue des syndicats, il est plus que temps d’aborder les conséquences possibles pour les conditions de travail des travailleurs et de développer une stratégie syndicale. » On ne peut qu’approuver ces mots et ceux de la présidente d’IG Metall, Christiane Benner quand elle dit : « Il y a des opportunités mais les dangers sont réels. » Le livre aborde nombre de faits importants et fait réfléchir sur les possibilités et les risques, sur les nouvelles lignes de conflits et terrains d’action, sur lesquels nous n’allons pas nous étendre ici et que nous ne voulons pas juger.

Cependant, il y a une réflexion que je me permets. Seul le rapport de forces dans la société — la répartition des forces entre travail et capital monopoliste — décide de la question de savoir dans quelle mesure des possibilités deviennent réalité et dans quelle mesure on peut endiguer des risques réels. Et tout ce qui peut être gagné au niveau de l’entreprise, au niveau des conventions collectives ou au niveau légal et pour lequel on doit encore se battre peut être enterré si on ne peut pas bloquer le TTIP et le CETA par exemple. Et si nous n’entrons pas dans une plus grande résistance avec les syndicats.

C’est ainsi que nous devons bien sûr considérer l’état actuel du marché de l’emploi en Allemagne (et ailleurs) comme le résultat de cette répartition effective des forces ainsi que des stratégies syndicales dans la dernière décennie « néolibérale ». Et nous devons aussi prendre en compte l’évolution prochaine ! À ce propos, le meilleur point de départ est le riche appendice de l’annuaire Gute Arbeit 2016 avec les principales données de base et tendances du « marché de l’emploi d’aujourd’hui ». Suite aux nouveaux défis, nous devons aussi étudier à fond les stratégies que les syndicats ont utilisées jusqu’ici. Ne me comprenez pas mal : le débat syndical sur le travail digital est absolument nécessaire. Mais si on ne mène pas de lutte conséquente pour le « droit au travail pour tous », si on considère la revendication d’une réduction radicale du temps de travail comme une priorité de deuxième ordre et si on ne s’intéresse qu’aux conditions de travail en Allemagne, on va rater la cible.

C’est pourquoi se révèle toujours très utile un vieux conseil du spécialiste en droit du travail Wolfgang Däubler : « Il est important de continuer à mettre en avant la revendication du droit au travail parce que cette revendication, tout comme les revendications salariales, permet de rendre possible une action commune de tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions et leurs conceptions politiques : avoir un emploi convenable est un souhait clair et reconnaissable par tous. En fin de compte, l’examen du droit du travail peut en un certain sens être éclairant en ce qu’il indique les barrières intégrées dans le système économique existant et nous conduit à continuer à réfléchir sur les alternatives politiques de société qui traduisent concrètement le droit au travail dans la réalité et pas seulement en théorie8. »

Développement détourné des forces productives 4.0

Lorsque dans les années 80 des scientifiques marxistes discutaient des changements qui s’annonçaient et de la possibilité de maîtriser la révolution scientifique et technologique9, ils parlaient déjà de « développement détourné des forces productives ». Il n’y a pas lieu de rapporter ce débat en détail. Mais nous devrions cependant le mettre à la disposition des débats actuels — et aussi renouer avec des scientifiques marxistes pour mieux comprendre le développement des forces productives et ses déformations et en combattre plus efficacement les causes. Car il est indéniable que ces déformations et ces tendances destructrices n’iront pas en diminuant. J’en prends simplement trois :

Marchandiser et privatiser tous les aspects de la vie pour en « générer de la plus-value » capitaliste reste une tendance constante malgré toutes les crises du capitalisme (ou tout simplement à cause d’elles) et atteint le pool de gènes de la nature (semences, médicaments, etc.) jusqu’à l’homme. Elle entraîne aussi très logiquement la rage de collecte de données par Internet et a des conséquences considérables, par exemple dans le secteur des assurances (tarifs individualisés, etc.).

L’Internet et ce qu’il offre (y compris le « système des systèmes », les câbles de données, routeurs, fournisseurs et serveurs centraux) sont contrôlés par une poignée de monopoles mondiaux de l’informatique10. Il n’existe aucun frein à leur pouvoir et à leur « domination digitale »11. Et leurs propres représentations du futur et les plans qui en découlent pour faire du monde un seul grand réseau devraient faire retentir chez nous la sonnette d’alarme12.

La militarisation de tous les aspects de la vie, autrement dit l’influence du complexe militaro-industriel (services secrets y compris) sur la recherche, le développement et l’utilisation des nouvelles technologies et sur le contrôle des matières premières nécessaires pour cela, est plus étendue que jamais. Cela vaut aussi pour l’enseignement, la culture, les médias et l’utilisation de l’Internet dans des buts militaires et autres, comme la maîtrise du pouvoir et la manipulation des masses.

Le chemin à parcourir ensemble est long et difficile et exige beaucoup plus de contrepoids des syndicats et de la société (et en liaison internationale) que ce que nous pouvons tirer d’une simple actualisation 4.0 du « dialogue entre partenaires sociaux », de la « cogestion », de « l’humanisation du marché de l’emploi », du « pacte de l’emploi » ou du « nationalisme économique » pour en arriver à un « travail digital décent ». Que les gens « règlent rationnellement leurs échanges avec la nature, qu’ils la contrôlent ensemble […] et qu’ils accomplissent ces échanges en dépensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine13 », c’est et cela reste l’objectif et l’étalon de notre politique.

Observation finale

Au salon de l’informatique CeBIT de cette année, le ministre allemand de l’Économie Gabriel (SPD) a présenté fièrement sa nouvelle « Stratégie digitale 2025 » : « La réussite de la transformation digitale de notre économie nationale est absolument nécessaire pour maintenir et renforcer notre position concurrentielle. Notre objectif est de faire de l’Allemagne le pays industriel le plus moderne. Avec la Stratégie digitale 2025, nous présentons le premier pas systématique qui indique quels instruments sont nécessaires pour l’avenir14. » Selon cette stratégie, il faut avoir développé pour 2025 un réseau national de fibre de verre qui rende possible le saut vers un réseau en gigabit. On doit investir pour cela jusqu’à 100 milliards d’euros. Avec un fonds où seront versés 10 milliards, le ministre fédéral de l’Économie entend garantir que les régions pourront aussi s’y connecter. Des milliards supplémentaires assureront un soutien aux start-ups et allégeront les investissements des petites et moyennes entreprises dans le monde digital et de la micro-informatique. Il est nécessaire d’accorder les formations scolaires et les formations école-entreprise aux exigences de l’économie digitale. De nouvelles chaires dans les écoles supérieures allemandes sont indispensables, entre autres pour les Big Data et la sécurité informatique.

Gabriel n’avait pas encore entamé sa conférence de presse que Sven Gabor Janszky, directeur de 2b AHEAD, le think tank des employeurs, annonçait qu’il considérait le développement du réseau de fibre optique comme « un investissement erroné », parce que répondant à « l’état de la technologie des années 90 ». Comme alternative dotée de grandes possibilités d’avenir, il recommandait d’offrir à toute la population mondiale l’accès à Internet à partir de l’espace : « Il importe peu que ce soit Google, Facebook ou Qualcomm qui le fasse… tous y travaillent ; mettre en orbite terrestre de petits satellites à basse altitude… Ce type d’accès à Internet par des satellites à basse altitude va conduire à un changement mondial qui dépassera de beaucoup l’impact de la chute du mur de Berlin. » Cette approche n’offrirait pas seulement à l’économie mondiale de nouveaux flux d’information mais surtout de nouveaux débouchés « … tout comme l’effondrement du Bloc de l’Est. Sauf que cette fois-ci, cela ne concernerait pas seulement quelques centaines de millions de gens mais trois milliards. » D’après lui, une stratégie digitale allemande « ferait donc mieux d’utiliser ces 100 milliards à raccorder le plus vite possible les régions allemandes à cette nouvelle technologie. L’économie allemande pourrait ainsi essayer d’éviter que seules quelques grandes entreprises américaines aient le pouvoir, non seulement sur les contenus mais aussi sur les canaux de diffusion. Bref, avec cet argent, lançons une flotte européenne de satellites d’accès Internet15. »

Qu’est-ce que cela confirme une fois de plus aux yeux du travailleur lecteur ? Premièrement, il ne s’agit pas ici de lui, mais en premier lieu de l’économie allemande, de sa position concurrentielle, de sa politique localiste (étroite d’esprit) et de la lutte concurrentielle (impérialiste) pour les parts de marchés et les nouveaux débouchés sur toute la surface de la Terre. Deuxièmement, quand il s’agit du travailleur (par exemple la scolarité et la formation en alternance), celui-ci doit être soigneusement orienté, s’adapter et ne pas se mêler de la réalisation de la digitalisation dans son intérêt en tant que travailleur. (Sur ce dernier point, il faut comme toujours se battre durement contre l’obstination des entrepreneurs.) Troisièmement, même parmi ceux qui défendent les intérêts du capital, il existe des intérêts contradictoires et des questions sans réponse, et il y en aura toujours. Il s’ensuit que nous n’avons pas de raison de nous sentir inférieurs, nous devons nous efforcer sans relâche de formuler nos intérêts et d’élaborer nos réponses. Et nous devons nous efforcer de les réaliser, une tâche plus lourde encore.

Lothar Geisler, Dülmen, laborantin, journaliste, membre de la rédaction du Marxistische Blätter.


1 Par valeur ajoutée, les économistes bourgeois désignent la valeur de la production déduction faite de la valeur de ce qui est entré dans cette production. Ils parlent de cercles, chaînes et réseaux de valeur ajoutée, mais généralement laissent dans le vague ce qu’est la valeur et comment elle est multipliée — à savoir par la force de travail ! Les syndicalistes et la gauche devraient insister là-dessus avant de reprendre cette formulation.

2 Folio, 1er février 2016, p. 12 et suivantes.

3 À propos de grandes quantités de données, on parle de Big Data lorsqu’on travaille avec un ou plusieurs ensembles de données trop grands pour les gérer avec les systèmes de gestion de base de données ordinaires. La quantité de données enregistrées croît de manière exponentielle. Cela vient de ce que les consommateurs eux-mêmes enregistrent toujours plus de données sous forme de fichiers, photos et films (par exemple sur Facebook et sur YouTube), mais aussi parce que de plus en plus d’appareils collectent eux-mêmes des données, les enregistrent et les échangent (ce qu’on appelle l’Internet des objets) et que de plus en plus de données sensorielles sont disponibles. Ce n’est pas seulement le stockage de ces quantités qui constitue un défi. L’analyse de ces données joue un rôle toujours plus grand. (ndlr.)

4 Ce qui peut retenir un peu les gens d’accorder à la « transformation digitale » en soi, ou d’elle-même, un plus grand potentiel de transformation.

5 Joern Boewe, Johannes Schulten, « Der lange Kampf der Amazon-Beschäftigten », Labor des Widerstands : Gewerkschaftliche Organisierung im Onlinehandel, Analysen der Rosa-Luxemburg-Stiftung.

6 André Leisewitz, « Wissenschaftlich-technische Revolution und deformierte Produktivkraftentwicklung », IMSF Jahrbuch 13, 1987, p. 19.

7 Deutscher Gewerkschaftsbund, DGB, confédération allemande des syndicats.

8 Wolfgang Däubler, Das Arbeitsrecht 2, 2e édition, Reinbek 1981, p. 42. Vaut la peine d’être lu aussi, son article « Arbeitsrecht in der digitalisierten Gesellschaft » dans le périodique SPW, no 212, p. 40 et suivantes.

9 Voir Jahrbuch des IMSF 13, Umbrüche : Beherrschbarkeit der Technik, Rationalisierungstyp und Technologiepolitik, Tendenzen politischer Kultur, Francfort-sur-le-Main, 1987.

10 Voir Ulrich Dolata, « Internetökonomie und Internetkonzerne, Märkte — Expansion — Macht » dans Gute Arbeit, Ausgabe 2016, p. 148 et suivantes.

11 Voir Malte Daniljuk, « Digitale Dominanz : Wie Informationstechnologie globale Herrschaft verändert » dans LuXemburg no 3 (2015), p. 22 et suivantes.

12 Eric Schmidt, Jared Cohen, Die Vernetzung der Welt, Reinbek, 2013, et recension dans Marxistische Blätter no 5 (2014), p. 120.

13 Marx, Le Capital, Livre III, chapitre 48. Éditions sociales, 1960, p. 198-199 du vol. 3 du Livre III.

14 Communiqué de presse du ministère allemand de l’Économie et de l’Énergie du 14 mars 2016.

15 Communiqué de presse de 2b AHEAD du 14 mars 2016.