Le Plan Marshall : la recette néolibérale wallonne

Table des matières: 
Études marxistes no. 104
Auteur: 
Michael Verbauwhede

 « L’ambition wallonne est en train de changer de nature, un nouvel état d’esprit wallon, créatif et serein est en train de naître », a affirmé Paul Magnette (président du PS), à l’occasion des Fêtes de Wallonie [53] . Jean-Claude Marcourt (ministre wallon de l’Économie), pour sa part, se plaît à rappeler tous azimuts les réussites de « son » Plan Marshall, avec ses 46 388 emplois créés (ou… à créer) [54] . « La Wallonie en pleine relance » titre pour sa part La Libre Belgique en juillet 2013.

Alors, la Wallonie, en plein redressement, après trente ans de désert économique ? Que penser de ces affirmations ? Le Plan Marshall pèse-t-il réellement dans l’économie wallonne ? Quelle est la stratégie économique qui se cache derrière le Plan Marshall ? Telles sont les quelques questions auxquelles nous allons tenter d’apporter un éclairage dans les pages qui suivent.

L’économie wallonne dans le cadre belge

Une Wallonie qui dépasse la Flandre ?

Commençons par replacer la situation économique wallonne dans le cadre belge.

À lire les commentaires dithyrambiques du gouvernement sur le Plan Marshall et sa politique économique globale, ou encore de l’UWE [55] , nous devrions lire dans les statistiques économiques wallonnes une croissance économique forte et surtout supérieure à la Flandre (ce qui est l’objectif premier et allégué).

Selon un rapport de la CBC [56] , la croissance du PIB wallon pour la décennie 2000-2012 est identique à celle de la période 1990-1999 (environ 1,5 % par an, en moyenne, car de fortes variations sont observées au sein des périodes).

Ce qui fait claironner les hommes politiques wallons, c’est que la croissance wallonne dépasse la croissance flamande. Non pas que la croissance wallonne augmente, simplement la croissance flamande diminue comme on le voit sur le graphique 1. En fait, la croissance wallonne moyenne est stable (entre 1 et 2 % par an en moyenne) depuis la crise de 1973, alors que la croissance flamande a tendance à décroître, pour rejoindre la Wallonie. Contrairement à ce qu’affirme l’UWE par exemple, si « la Wallonie fait mieux que la Flandre », c’est surtout la croissance flamande qui, sur le long terme, s’ajuste à la croissance économique wallonne.

Graphique 1 : croissance réelle du PIB régional (en % par an, moyennes par période)

Graphique 1 : croissance réelle du PIB régional (en % par an, moyennes par période)

Source : CBC, KBC, Une Wallonie en pleine relance ?

Si nous analysons la période la plus récente, il semble que chaque Région belge « veut montrer que son territoire est plus compétitif ou qu’il se redresse plus facilement que l’autre. Certaines données indiquent un écart. Mais, sur le long terme [lire ici : les quinze dernières années], il apparaît que les rapports sont relativement stables [57] . » Que ce soit en termes de balance commerciale, de répartition géographique (régionale) de la valeur ajoutée belge, de croissance annuelle du PIB belge, wallon, bruxellois ou flamand, la structure économique régionale montre une stabilité impressionnante ces quinze dernières années.

En tout état de cause, il serait erroné d’affirmer que le Plan Marshall ait amené une croissance importante pour ses presque dix années d’application, contrairement aux affirmations aventureuses du gouvernement wallon.

« Avec le Plan Marshall, nous avons créé 46 388 emplois »

Si la croissance n’est pas au rendez-vous, peut-être faut-il se tourner vers la création d’emploi ? Selon Marcourt, reprenant les chiffres du rapport officiel rendu au gouvernement à la mi-2013, 46 388 emplois auraient été créés grâce au Plan Marshall (entre 2006 et 2012). Ces chiffres sont repris avec fierté par le gouvernement wallon. Qu’en penser ?

Tout d’abord, le rapport précise bien qu’il s’agit d’emplois ou de « promesses d’emplois ». Nous n’avons pas davantage de détails sur ces promesses d’emplois. De plus, aucune indication n’est donnée quant à la méthodologie de calcul de ces emplois ni le lien avec le Plan Marshall.

Quelques indications supplémentaires viennent d’ailleurs nuancer ces créations d’emplois passées. Selon Philippe Defeyt, « en 2010, la quasi-totalité des emplois créés en net (en moyenne annuelle) en Wallonie sont des emplois qui rapportent peu, voire coûtent, à la sécurité sociale [58]  ». En quoi coûtent-ils ? Ce sont essentiellement des emplois subsidiés : « Le redressement [en 2010] en matière d’emploi semble trouver son origine en très grande partie dans l’emploi subsidié [titres-services, programme win-win, etc.] [59]  »

Philippe Defeyt estime aussi (pour la période 2008-2012 pour toute la Belgique) que « c’est uniquement grâce aux secteurs d’activités abondamment voire totalement financés par l’État (titres-services, santé et social…) que l’emploi global augmente [60]  ». En outre, « les chiffres auraient été plus mauvais si l’Onem ne finançait pas des mesures en matière de chômage temporaire (étendu aux employés en début de période de crise) et d’aménagement du temps de travail [61]  ».

Par ailleurs, le taux de chômage reste élevé en Wallonie, et surtout, suit les mêmes tendances que le taux de chômage en Flandre. Selon le rapport de la CBC, le taux de chômage a même augmenté de 0,2 % entre 2008 et 2013 en Wallonie.

Par la suite, les trois Régions verraient, selon les prévisions du Bureau fédéral du Plan, leur taux de chômage baisser jusqu’en 2018 [62] .

Graphique 2 : évolution du taux de chômage (concept Bureau fédéral du Plan)

Graphique 2 : évolution du taux de chômage (concept Bureau fédéral du Plan)

Source : Bureau fédéral du Plan, IWEPS, IBSA, SVR, Perspectives économiques régionales 2013-2018.

On remarque que les courbes passées et futures (projections) du taux de chômage en Wallonie et en Flandre, si elles ne sont pas parallèles, suivent malgré tout une tendance similaire.

D’une part, il est hasardeux d’accorder un crédit total aux affirmations du gouvernement qui attribuent la création de 46 388 emplois au Plan Marshall. D’autre part, comme pour la croissance du PIB, on remarque que la Wallonie ne suit pas une trajectoire fondamentalement différente de celle de la Région à laquelle elle se compare (la Flandre).

En conclusion, il est nécessaire de questionner la politique économique wallonne puisque visiblement, elle ne porte pas ses fruits.

La politique économique menée au niveau wallon

Les origines : la situation économique début des années 2000

Selon les hommes politiques et les historiens du plan, l’origine du Plan Marshall (sous ses différentes versions) est à trouver dans le retard économique de la Wallonie par rapport à la Flandre. Les études économiques montrent une Wallonie qui a une part plus faible que la Flandre dans le PIB belge (proportionnellement à sa population). Le taux d’emploi ainsi que les revenus sont inférieurs à la moyenne belge. C’est cela qui alerte les décideurs wallons. On remarquera leur tendance à comparer Flandre et Wallonie. Ce n’est pas que la Wallonie n’ait pas un taux d’emploi suffisant pour garantir ses besoins qui inquiète les décideurs, mais que ce taux d’emploi soit inférieur à celui de la Flandre [63] .

Le Contrat d’avenir pour la Wallonie et les Plans Marshall

Depuis 1999, le gouvernement wallon [64] s’attelle au redressement économique de la Wallonie. D’abord par le Contrat d’avenir pour la Wallonie (CAW en 1999), puis par le Plan Marshall et le Plan Marshall 2.Vert. C’est déjà Elio Di Rupo qui est à la manœuvre en 1999 pour le CAW.

Le CAW vise déjà à rapprocher le taux de croissance du PIB et le taux d’emploi wallons de la moyenne belge et européenne. En 2004, on prend des autres, et on recommence : le cdH arrive au gouvernement, qui en 2005 lance le premier PM.

L’objectif annoncé est de redresser économiquement la Wallonie. Pour ce faire, le gouvernement wallon va cibler certains secteurs « d’avenir », stratégiques pour concentrer ses efforts financiers. L’objectif est aussi de « changer la mentalité » des Wallons. « Le plan Marshall mobilise les moyens budgétaires wallons et fait appel à presque tous les instruments dont les décideurs politiques wallons disposent : réduction de la fiscalité régionale, provinciale et locale, aide à l’investissement, aide à la recherche, aide à la formation, soutien à l’exportation, accueil des investisseurs étrangers, assainissement des sites désaffectés, création de nouvelles zones d’activité… Il mobilise aussi tous les acteurs de la vie économique wallonne : les partenaires sociaux, les entreprises, les universités, les centres de recherche, les administrations… L’impression qui prévaut est celle d’une mobilisation générale : toutes les troupes et toutes les armes sont désormais sur le front [65] . »

Sans le revendiquer, le gouvernement wallon s’engage ainsi dans l’agenda néolibéral de la Commission européenne, la stratégie de Lisbonne, puis Europe 2020 : devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et dynamique du monde d’ici 2020. Cela passe notamment par un objectif de taux d’emploi de 75 %, un investissement dans la recherche & développement, et la formation de la main-d’œuvre.

Entièrement financés par la Wallonie, les moyens des Plans Marshall sont importants : 1,054 milliard d’euros pour le premier et 1,6 milliard d’euros pour le 2.vert. À noter que ces moyens proviennent, entre autres, de la vente d’une partie des actions d’Arcelor (180 millions). À ces 2,7 milliards, il faut ajouter le financement alternatif, joli mot pour désigner en réalité un endettement, à savoir de l’argent qu’il faudra rembourser à un moment ou à un autre, à charge de la Région : 500 millions d’euros pour le premier et 1,15 milliard pour le 2.vert.

La politique industrielle wallonne

Les pôles de compétitivité, choix industriel du Plan Marshall

Pour beaucoup, les Plans Marshall se confondent avec les pôles de compétitivité et la politique de clustering. S’il s’agit effectivement d’un pan important de la politique économique et industrielle wallonne de ces dix dernières années, ce n’en est pas pour autant le seul. Par ailleurs, il s’agit d’une différence notoire avec la Flandre [66]  : le gouvernement wallon a en effet décidé de se concentrer sur quelques secteurs.

Un pôle de compétitivité est une mise en réseau d’entreprises, d’organismes de formation et d’unités de recherche et développement (publiques ou privées) qui dégagent des synergies autour de projets communs au caractère innovant. Ce partenariat s’organise autour d’un marché (secteur) et d’un domaine technologique ou scientifique. L’objectif est d’atteindre une masse critique pour être compétitif, acquérir une visibilité internationale, stimuler les exportations et attirer les investisseurs étrangers [67] .

Cette politique n’est pas propre à la Wallonie. On retrouve en effet des pôles de compétitivité (avec d’autres dénominations) dans d’autres États européens (Allemagne, France), voire au Maroc. L’idée n’est pas neuve et vient d’un économiste du 19e siècle nommé… Alfred Marshall [68]  ! Il s’agit en fait d’une application innovante (c’est le cas de l’écrire) de la stratégie de Lisbonne qui veut faire de l’Union européenne l’économie la plus compétitive au monde d’ici 2020 [69] .

Le gouvernement wallon a choisi cinq pôles de compétitivité : BioWin (sciences du vivant), MecaTech (génie mécanique), Logistics in Wallonia (logistique), SkyWin (aéronautique) et WagrAlim (agro-industrie) dans le premier Plan Marshall. Un sixième a été créé en 2010 : GreenWin (matériaux et chimie verts).

Basés sur un travail d’Henri Capron (ULB), les critères déterminant le choix des pôles de compétitivité regroupent d’une part les acquis d’un secteur (nombre d’entreprises, d’employés, de centres de recherche, de brevets, etc.), mais aussi les investissements et les perspectives d’évolution économique, technologique, scientifique. Plutôt que de se baser sur la structure économique de la Wallonie et les besoins de la population [70] , le pari est de subventionner les secteurs stratégiques qui ont un potentiel de développement au niveau international : y a-t-il un leader mondial wallon dans ce domaine ? Quel est le potentiel de croissance ? Quelle propension à l’exportation ? Telles sont les questions que le gouvernement se pose. Ce qui le conduit à laisser tomber la sidérurgie, puisque ce secteur était retenu dans le premier round de sélection avant d’être abandonné.

Les pôles de compétitivité fonctionnent notamment sur la base d’appels à projets de recherche. Les différents acteurs peuvent faire appel à des fonds publics pour cofinancer des recherches innovantes. Mais si le public (la Région) cofinance la recherche, aucune garantie n’est assortie en termes de développement d’emplois ou de propriété d’un éventuel brevet. Au final, ce sont les entreprises qui bénéficient d’un brevet qu’elles peuvent donc exploiter comme bon leur semble. Cela peut déboucher sur des activités économiques, mais rien n’oblige les entreprises à développer ces activités économiques en Wallonie. Elles peuvent très bien décider de développer des entreprises dans un autre pays.

Prenons l’exemple du pôle de compétitivité Logistics in Wallonia, consacré à la logistique. Certains estiment que le développement de la logistique va permettre de développer l’emploi, notamment dans les régions où des pertes d’emploi sont prévues. Ainsi, « à Liège, l’une des idées qui ont été avancées pour remplacer les emplois perdus dans l’industrie, c’est de développer le secteur logistique. Liège est en effet remarquablement située, à la croisée des fleuves, des autoroutes et des voies ferrées européennes [71] . » C’est l’idée du développement du Trilogiport, à Liège, une plateforme trimodale eau-rail-route. Elle pourrait générer jusqu’à 2 000 emplois selon les défenseurs du projet [72] .

Comme l’a déjà montré Damien Robert, la moitié du tonnage du Port autonome de Liège est lié à la sidérurgie : « une reconversion [notamment dans la logistique, ndlr] sans un maintien de la sidérurgie serait une ineptie. La sidérurgie constitue la colonne vertébrale de l’économie liégeoise […]. 50 % de la valeur ajoutée, du tonnage et des emplois directs du port sont liés directement à la métallurgie et à la sidérurgie. Il est donc impensable de parler de reconversion sans parler de maintien de la sidérurgie [73] . »

Le développement de la logistique conduit à une concurrence effrénée entre régions européennes, entre régions belges, et entre sous-régions wallonnes. Ainsi, l’idée de développer la logistique partout en Europe est mise en avant par la Commission européenne. La Flandre par exemple développe également un pôle « Logistique » dans son plan Vlaanderen in Actie. La lutte entre les deux Régions fait rage à ce niveau, à tel point qu’elles ont toutes deux commandité des études « scientifiques » au même bureau d’étude (!) pour prouver que chaque Région était la championne de la logistique au niveau européen. Dans son rapport remis au gouvernement flamand, le Bureau d’études estimait que la Flandre était la championne de la logistique en Europe ; et dans le rapport remis au gouvernement wallon, c’est la Wallonie qui était championne de la logistique en Europe. Selon Mathieu Strale, chercheur à l’ULB, il a suffi au bureau de consultance de changer un critère pour influencer le résultat [74] , sans doute attendu par la Région commanditaire.

Le choix industriel du Plan Marshall est de laisser les décisions aux mains des multinationales (comme on le voit avec Mittal) et de tenter de soutenir l’innovation (grâce aux pôles de compétitivité) en vue de créer des emplois. Mais comme on le voit avec l’abandon de la sidérurgie, cette politique est vouée à l’échec. Conséquence de ce choix : le maintien de l’industrie traditionnelle wallonne dépendra du profit que les actionnaires pourront en tirer.

Attirer des investisseurs

Un autre objectif du Plan Marshall est d’attirer des investisseurs étrangers. La logique sous-jacente à la politique économique wallonne est la sacro-sainte croyance au pouvoir des entreprises de créer des activités économiques. On espère par là créer de l’emploi. Les richesses produites grâce à ces activités économiques créées par les entreprises « ruisselleraient » ensuite vers l’ensemble de la population wallonne. Cela pousse le gouvernement à attirer le plus grand nombre possible d’entreprises internationales (multinationales) sur le territoire wallon. Plutôt que de créer lui-même de l’activité économique, le gouvernement essaie d’attirer une multinationale à un endroit A (en l’occurrence la Wallonie) plutôt qu’à un endroit B (la Flandre, une autre région européenne). C’est une sorte de gigantesque plan de concurrence avec d’autres régions, et en premier lieu la Flandre.

Un exemple frappant : Colruyt vient de construire des entrepôts et un centre logistique en Wallonie (Ghislenghien, à quelques centaines de mètres de la frontière linguistique) plutôt qu’en Flandre (où le groupe dispose déjà de nombreuses installations, à Halle notamment), alors que Colruyt est un groupe flamand au départ. Colruyt a simplement décidé de bénéficier d’un climat économique plus favorable en Wallonie qu’en Flandre (terrains, fiscalité).

Les entreprises wallonnes qui étendent leurs activités à l’étranger, comme c’est le cas de l’entreprise Magotteaux (dont par ailleurs les 10 % détenus encore en 2011 par la Région wallonne ont été vendus à une société chilienne [75] ), sont aussi valorisées, mises en avant, comme le symbole de la réussite de la Wallonie.

Mais comment fait le gouvernement pour attirer les investisseurs étrangers ? Autrement dit : quelle est la recette du gouvernement pour développer économiquement la Wallonie ?

Nettoyez, préparez et donnez des terrains

Tout d’abord, par la mise à disposition de terrains « prêts à l’emploi ».

Le premier Plan Marshall a déjà fait débourser 74 millions d’euros au gouvernement pour l’assainissement de sites (pollués auparavant par d’autres entreprises) et la préparation du terrain pour les activités économiques. En termes de financement alternatif, c’est 243 millions d’euros qui ont été consacrés à l’assainissement de sites industriels pollués, 100 millions d’euros pour des sites industriels désaffectés non pollués et 231 millions d’euros pour l’équipement de nouvelles zones d’activités. Le Plan Marshall 2.vert consacre pour sa part 225 millions d’euros pour assainir des sites pollués et les réhabiliter et 182,5 millions d’euros pour poursuivre l’équipement de zones d’accueil des activités économiques.

Près d’un milliard d’euros a donc été consacré à cet objectif dans les Plans Marshall 1 et 2.vert. Et le Plan Marshall 2022 continuera sur cette lancée. D’autres fonds sont également prévus en ce sens, notamment des fonds européens (FEDER) et autres investissements wallons. Les entreprises peuvent donc débarquer dans des zones toutes prêtes à l’emploi.

Un exemple marquant de la politique d’assainissement (et de dépollution) des sols est fourni par la dépollution d’anciennes usines. « Cap sur Houdeng (La Louvière), pour [visiter] la Safea. […] Les beaux restes de la Société anonyme de fabrication des engrais azotés s’étendent sur 17 hectares […]. À côté de gros instruments insolites et de flacons à l’allure redoutable, un logo omniprésent : la tête de mort. Il est vrai que l’usine chimique ne produisait pas de la barbe à papa. Les balises installées par la firme qui a commencé à réhabiliter le site sont claires : amiante par-ci, ferrocyanure par-là, zone où il vous est conseillé de porter un masque… Le site Internet walsols.be pointe également la présence d’hydrocarbures, huiles minérales, goudrons, sulfates, ammonium… [76]  »

La Safea est une usine créée en 1929 par les Usines Gustave Boël et l’Union chimique belge (UCB) et fermée en 1978. Le site sera après plusieurs détours repris par Duferco puis racheté par la Société publique d’aide à la qualité de l’environnement (Spaque) pour qu’il soit dépollué, non pas aux frais des propriétaires (qui ont pourtant tiré des profits gigantesques de cette usine), mais avec l’argent du Plan Marshall (10 millions d’euros pour ce site).

Les sites dépollués ou les friches industrielles sont ensuite préparés pour l’accueil de nouvelles entreprises. Pour illustrer ceci, nous avons tous en tête les images d’Elio Di Rupo triomphant sur le site (réel) de Google à Mons. Après avoir investi 250 millions d’euros dans le site en 2010 [77] et soi-disant créé 120 emplois, Google annonce son intention d’investir 300 millions en plus et de doubler la surface qu’il occupe. Serait-ce le symbole de la réussite de ces plans d’équipement de zones d’activités ?

Ceci appelle à quelques commentaires : les 120 emplois annoncés par Google s’avèrent en réalité être au maximum 40 emplois directs (en 2011) et le reste en emplois indirects (notamment des sociétés de gardiennage). « L’Idea gère 3 400 ha de zonings qui abritaient, fin 2011, 21 469 emplois. Soit une moyenne de 6,3 emplois par ha. Même en comptant 120 employés, le data centre de Google atteint à peine 1,5 temps plein par ha. Quatre fois moins que la moyenne [78] . » Toujours selon Le Vif, le projet d’investissement de Google aurait (en 2009) bénéficié de 12,5 millions d’euros de subsides publics.

Google bénéficie en outre des intérêts notionnels, par l’intermédiaire de sa filiale créée pour l’occasion (Crystal Computing). Autre élément : « Le terrain de 85 hectares qu’il a acquis pour un peu moins de 13 euros le mètre carré est une pépite. Desservi en fibre optique, situé le long du canal Nimy-Blaton, il autorise un système de refroidissement par évaporation unique au monde, qui permet au data centre de fonctionner sans tour de refroidissement […] [79]  »

Enfin, « il ne reste plus de terrain industriel de cette taille en Wallonie. […] Autrement dit, un autre gros investisseur qui frapperait aujourd’hui à la porte de l’intercommunale de Mons-Borinage-Centre [ou de n’importe quelle autre intercommunale, ndlr] serait contraint de patienter [80] . »

Ces affaires illustrent bien la politique économique wallonne en la matière : des entreprises s’installent, réalisent des profits en polluant les sols. Une fois leur business terminé (ou pour une autre raison), les entreprises quittent le territoire wallon en laissant derrière elles les sols pollués. À charge de la Région de nettoyer les sols et de les préparer à bon marché pour de nouvelles entreprises. Tant mieux si ces entreprises créent de l’emploi, sinon, elles serviront à participer au « rayonnement international de la Wallonie ». C’est ce qu’on pourrait appeler le principe du pollueur-profiteur.

Arrosez de cadeaux fiscaux

Une fois les terrains préparés, pour bien fructifier, ils doivent être correctement arrosés de cadeaux fiscaux. De nombreuses mesures mises en place par le Gouvernement pour attirer des entreprises concernent la suppression de taxes. Le premier Plan Marshall a ainsi contenu plusieurs mesures « d’allègement de la fiscalité antiéconomique ». Une partie de la fiscalité des communes et provinces a ainsi été supprimée : c’est le cas de la taxe communale et provinciale sur la force motrice, de la taxe provinciale industrielle compensatoire ou de la taxe (hennuyère) sur la superficie. La Région wallonne a octroyé des compensations à ces pouvoirs locaux pour le manque à gagner. Les communes n’ont dès lors plus ce levier fiscal pour augmenter éventuellement leurs recettes. Un élément non sans conséquence quand on connaît la situation désastreuse des finances communales [81] .

Mais la Région wallonne a aussi décidé de supprimer d’autres charges fiscales : exonération du précompte immobilier sur tous les investissements en matériel et outillage acquis ou constitués à l’état neuf, suppression des droits de navigation, suppression de la taxe sur les débits de boissons, réduction des tarifs du droit de succession pour les immeubles familiaux et suppression des droits de succession et de donation pour transmission d’entreprises.

Le coût de ces mesures dans le premier Plan Marshall était de 70 millions d’euros. Pour le Plan Marshall 2.vert qui a poursuivi cette politique, la facture était de 60 millions d’euros.

Plus de 130 millions d’euros ont donc été accordés depuis 2006 en réduction de taxes sur les entreprises. Celles-ci n’ont pas hésité à faire du chantage sur le gouvernement pour que des réductions de taxes leur soient accordées. Ainsi, un petit laboratoire (Eli Lilly) quitte la Belgique en 2006. Le grand patron de GSK Biologicals et alors président de BioWin (pôle de compétitivité dédié à la santé) estime que le départ de ce laboratoire est « un nouveau signal à la Belgique. On a déjà tapé sur le clou pour dire que l’industrie pharmaceutique n’était pas bien traitée. Même si le gouvernement a pris quelques initiatives, il doit continuer à prendre des mesures fiscales pour favoriser les entreprises qui font de la recherche et du développement, car la Belgique doit se mesurer aux autres pays européens qui agissent tous en ce sens [82] . » GSK Biologicals a récupéré 1,3 million d’euros (impôts non dus [83] ). Deux ans plus tôt, GSK Pharma (même groupe) avait licencié en Wallonie [84] .

À ces suppressions de taxes doit encore être rajoutée la création de « zones franches », à savoir des zones où la fiscalité des entreprises est allégée encore davantage et où les aides pour la création d’entreprises et d’activités économiques sont majorées.

Le coût de ces zones franches pour la Région wallonne était évalué à 70 millions d’euros pour le premier Plan Marshall et à 55 millions d’euros pour le deuxième.

Offrez une main-d’œuvre docile et prête à l’emploi

Il faut en outre de la main-d’œuvre qualifiée adéquatement pour faire fonctionner les entreprises s’installant sur le territoire wallon.

Le manque de formation [85] de la main-d’œuvre est analysé par le gouvernement comme l’une des causes du retard économique de la Région. L’objectif affiché est de multiplier les collaborations entre les acteurs de l’éducation et de la formation pour faire de la formation tout au long de la vie une réalité qui sert le développement économique wallon.

Le gouvernement wallon considère donc l’enseignement comme un parcours de formation des futurs travailleurs. Le programme se doit donc de répondre aux besoins des entreprises (qui en contrepartie, doivent davantage s’impliquer dans le processus scolaire).

C’est ainsi qu’un décret de 2012 a créé la formation en alternance dans l’enseignement supérieur non universitaire et que la volonté du ministre Marcourt (par ailleurs ministre de l’Enseignement supérieur) est de l’appliquer dans l’enseignement universitaire. Ce genre de formation se déroule déjà dans l’enseignement secondaire (les centres d’éducation et de formation en alternance, CEFA). L’alternance est une formation dans laquelle la moitié du cursus de l’élève se déroule dans l’enceinte de l’école, l’autre moitié en entreprise. Le contenu des cours est en lien avec sa formation en entreprise. L’élève est donc formé à un métier, pour une entreprise, et dans le but de répondre aux besoins de l’entreprise.

D’autres politiques non reprises explicitement dans le Plan Marshall ont été mises en place par la ministre de l’Enseignement : réforme de l’alternance (en secondaire), certification par unité (CPU) [86] , développement de bassins de vie (et de pôles de formation au sein de ces bassins de vie) censés créer des partenariats entre acteurs locaux (enseignement, formation, entreprises). Le Plan Marshall implique aussi les entreprises dans la formation des « futurs travailleurs » (comme leur donner des places de stage, promouvoir les métiers techniques, etc.)

Autre point crucial, le besoin en langues. Si les entreprises wallonnes désirent exporter, il est nécessaire d’avoir une main-d’œuvre qualifiée pour cela. Les différents Plans Marshall ont donc prévu de payer des chèques langues ou des bourses pour apprendre une langue à l’étranger. Le ministre Marcourt a même été jusqu’à envisager de rendre Erasmus obligatoire pour les étudiants de l’enseignement supérieur.

Sans entrer dans les détails, il est important de noter que les formations pour les demandeurs d’emploi suivent la même conception.

Cette volonté de lier l’enseignement au monde des entreprises pousse aussi le ministre Marcourt à vouloir régionaliser l’enseignement [87] . Cela permettrait en effet à ces plans de gérer, au sein de la même entité fédérée (la Région), une politique économique ainsi que la politique scolaire au service de celle-ci.

Cela permet aussi d’expliquer l’importance donnée à l’enseignement dans le nouveau Plan Marshall 2022 : « une éducation et une formation de qualité orientées vers l’emploi, le développement personnel et collectif ». Sous un titre ronflant se cachent des réformes déjà entamées actuellement (réforme de l’enseignement qualifiant, « adéquationnisme », formation tout au long de la vie, CPU, développement de la connaissance des langues, etc.)

Si auparavant, la politique était de dispenser une formation générale aux jeunes, à charge des entreprises de les former à un métier, le poids financier s’est ici déplacé. Plutôt que de faire payer la formation par l’entreprise, le gouvernement wallon (ou de la Communauté française) choisit de payer la formation du futur travailleur pour que celui-ci soit directement employable. La logique sous-jacente est de socialiser les coûts et de privatiser les bénéfices : à l’État, le coût de la formation, aux entreprises, les bénéfices de la formation. Et lorsque le travailleur formé à un métier aura été licencié, il devra retourner se former pour pouvoir travailler dans une nouvelle entreprise. Ici encore, toute liberté est laissée aux entreprises. Elles dictent leurs besoins en formation en fonction de leurs intérêts, à charge pour la Région de leur fournir une main-d’œuvre formée et directement employable.

Emballez le tout d’une bonne dose de marketing

Ces mesures économiques wallonnes s’accompagnent d’une politique de marketing qui tente de montrer que la Wallonie est attirante.

Un bon exemple nous est fourni par le changement du logo de la Wallonie. L’idée est d’investir dans une autre image de la Wallonie. Ainsi, le gouvernement wallon a dépensé près de 2 millions d’euros pour changer le logo de la Wallonie et « améliorer la notoriété internationale de la Wallonie pour les publics business et particuliers [88]  ». Selon Rudi Demotte, « L’objectif est d’assurer un redéploiement de l’image internationale de la Wallonie et de créer une image qui s’éloigne d’un passé périmé avec des industries qui ne seraient plus de ce temps [89] . »

Autres exemples de la politique de marketing du gouvernement : discours uniquement positifs (sur quel fondement ?) sur la réussite du Plan Marshall, volonté affichée de casser « l’image poussiéreuse » de la Wallonie, masquer les conflits sociaux [90] , soutien à l’exportation [91] , etc.

Saupoudrez la recette de nationalisme wallon

Une fois cette recette libérale prête, un zeste de nationalisme wallon entraînerait l’adhésion de toute la population wallonne.

C’est le sens des déclarations de Rudi Demotte sur le « nationalisme positif de la Wallonie », qui évoque par ce concept étrange un peuple uni, confiant [92] . Se distanciant quelque peu du ministre-président wallon, Jean-Claude Marcourt évoque quant à lui une « version softisée » : le « patriotisme économique wallon »… dont on ne saisit pas bien la différence avec le nationalisme positif de Demotte. Magnette, pour sa part, évoque la nécessaire émergence d’une classe « d’entrepreneurs wallons patriotes ».

Des déclarations sans suite ? Certainement pas [93] . À côté de ces déclarations fracassantes, le gouvernement passe à l’acte, comme avec le comité d’alerte créé par le gouvernement (wallon) Di Rupo en 2004. Celui-ci est intervenu dans des conflits sociaux, tels que celui d’AGC Automotive (ex-Splintex). Ce qui a fait dire à Henri Mestdagh, président de l’UWE en 2004, que « c’est l’image de la Région wallonne qui pâtit de ce genre d’incidents et ce n’est pas bon si l’on veut attirer des investisseurs ». Le Plan Marshall 2.vert a prévu 5 millions d’euros pour renforcer la conscience wallonne, « source de mobilisation [94]  ». Le Plan Marshall 2022 va même plus loin : il prévoit de créer un « groupe des 10 » wallon [95] .

Faire appel au patriotisme économique des travailleurs et des patrons (quel que soit son nom), c’est gommer les oppositions entre ces classes sociales. C’est tenter de faire marcher les travailleurs et les patrons dans une collaboration en vue de relever le « défi de la compétitivité » de la recette néolibérale que constitue le Plan Marshall. C’est aussi une autre manière de vendre le Parti socialiste comme le parti capable de maintenir la paix sociale en Wallonie [96] . C’est faire croire aux travailleurs : « patrons et travailleurs wallons, unissez-vous et votre sort s’améliorera ». Or, comme on l’a vu, c’est surtout la situation économique des patrons qui s’améliore. D’autant que les enjeux économiques dépassent le cadre wallon [97] .

Rien à faire ?

Attirer les investisseurs en se couchant à leurs pieds et leur laisser les clés de l’économie d’une région, serait-ce la seule possibilité de redresser l’économie ? Certainement pas. Il s’agit d’un choix politique, assumé par les partis au pouvoir en Wallonie (comme ailleurs en Belgique). Une alternative existe [98] , mais elle suppose une rupture radicale par rapport à la politique actuellement menée. Plutôt que de viser la compétitivité, cette autre logique met au centre des préoccupations les besoins de la population, la tradition économique et industrielle de la Wallonie (ou plutôt, de la Belgique), et le développement collectif. Cela aboutirait à développer (à une échelle belge) quatre secteurs industriels : la construction, les transports, les services de santé et la sidérurgie. Ces secteurs devraient être gérés par les pouvoirs publics, associant la population.

Ce choix économique et industriel permettrait de répondre à des besoins pressants de la population belge (et wallonne) : la construction de logements, d’écoles et autres infrastructures publiques ; l’élargissement de l’offre de transports en commun ; l’amélioration de l’accès aux soins de santé (et aux soins pour les personnes âgées). Et, cerise sur le gâteau, cela permettrait de créer des milliers d’emplois.

Il s’agit là d’une politique diamétralement opposée à celle pratiquée par le gouvernement wallon. Cette alternative nécessite, pour démasquer l’hypocrisie du gouvernement wallon, de remettre en cause les chiffres avancés par celui-ci. L’alternative jaillira de la construction d’un rapport de forces rejetant la « collaboration patriotique wallonne » entre patrons et travailleurs. Enfin, l’alternative se construira dans le refus de la spirale vers le bas que constitue la compétition acharnée que se livrent les Régions belges (et européennes).

Conclusion

La Wallonie était malade, et continue de l’être. Le chômage ne baisse pas, les inégalités grandissent, des entreprises ferment, laissant des milliers de travailleurs sur le carreau.

La recette du gouvernement wallon est d’appliquer la stratégie européenne de compétitivité (stratégie de Lisbonne puis d’Europe 2020). Cette recette néolibérale vise à laisser les grandes multinationales décider de l’avenir wallon et de la situation socio-économique des travailleurs wallons.

Contrairement à la politique flamande, le Plan Marshall a concentré les moyens sur quelques domaines (les pôles de compétitivité). Il tente aussi d’encourager les entreprises à s’installer à bon compte sur des terrains dépollués, de disposer d’une main-d’œuvre formée, de profiter d’aides à l’investissement, en payant le moins possible d’impôts, le tout aux frais du contribuable wallon.

Une alternative existe pourtant : partir de la tradition industrielle wallonne et des besoins de la population. Mais pour réaliser cette alternative, il faudra inverser la tendance et faire passer le bien-être des travailleurs avant le bien-être des patrons (wallons ou non).

Michaël Verbauwhede (michael.verbauwhede at gmail.com) est juriste et historien. Il collabore au service d’étude du Parti du Travail de Belgique.


[53] Belga, 13 septembre 2013.

[54] Le Soir, 30 août 2013.

[55] L’UWE affirme que l’économie wallonne est en voie de redressement et montre des signes encourageants, en comparaison avec la Flandre (RTBF Info, 21 mars 2013).

[56] CBC, KBC, Une Wallonie en pleine relance ?, juillet 2013.

[57] H. Houben, « La stratégie économique belge : s’agripper à la locomotive allemande », Études marxistes 104, nov. 2013, Bruxelles.

[58] P. Defeyt, « Marché du travail wallon : ne pas se réjouir trop vite. Actualisation », www.iddweb.be, janvier 2011 (consulté en juillet 2013).

[59] Ibid.

[60] P. Defeyt, « 2008-2012 : un marché du travail prévisible et étonnant à la fois », www.iddeweb.be, juillet 2013 (consulté en juillet 2013).

[61] Ibid.

[62] Bureau fédéral du plan, IWEPS, IBSA, SVR, Perspectives économiques régionales 2013-2018, juillet 2013.

[63] Accaputo, Bayenet, Pagano, Le Plan Marshall pour la Wallonie, CH CRISP 1919, 2006.

[64] Dans lesquels tous les partis ont été impliqués à un moment ou à un autre : PS, PSC/cdH, PRL/MR, Ecolo.

[65] Accaputo, Bayenet, Pagano, op. cit., p. 71.

[66] Voir P. De Vos, « La Flandre et le régionalisme néolibéral », Études marxistes, no 104, Bruxelles, nov. 2013, p. 26-44.

[67] « Les pôles de compétitivité. Philosophie générale », www.clusters.wallonia.be (consulté en août 2013).

[68] Sa théorie a été reprise par Michael Porter, économiste américain toujours en vie.

[69] H. Houben, « Une application à la lettre de la stratégie de Lisbonne », Politique, no 69, Bruxelles, 2011, p. 40.

[70] H. Houben, « Contre la désindustrialisation, changer de logique », Études marxistes, no 102, Bruxelles, 2013, p. 3.

[71] RTBF Info, 27 mars 2013.

[72] Voir le site du Trilogiport, http://www.portdeliege.be/fr/trilogiport (consulté en juillet 2013)

[73] D. Robert, « Emploi, sidérurgie et reconversion dans la région liégeoise », supplément Études marxistes, no 96, Bruxelles, oct. 2011, p. 34.

[74] « La Wallonie, championne de la logistique ? Un rapport sème le doute », RTBF Info, 19 décembre 2012.

[75] B. Bauraind, « Magotteaux est… chilienne ! », www.gresea.be (consulté en juillet 2013).

[76] M. Van Hees, « Devons-nous payer pour les milliardaires pollueurs ? », www.frerealbert.be (consulté en octobre 2013).

[77] La Libre Belgique, 4 octobre 2010.

[78] Le Vif-L’express, 27 avril 2013.

[79] Ibid.

[80] Ibid.

[81] K. Hostyn et K. Merckx, « La crise menace aussi les caisses communales », Études marxistes, no 97, Bruxelles, janvier 2012, p. 9-34.

[82] La Libre Belgique, 30 juin 2006.

[83] L’Écho, 29 avril 2011.

[84] La Dernière Heure, 12 février 2009.

[85] Et le manque d’adéquation entre la formation et les besoins des entreprises…

[86] Qui consiste à « casser » la logique d’année, pour faire réussir des « modules » ou « unités » aux élèves. Ces unités sont des ensembles de compétences à acquérir, libellés en objectifs. Derrière un objectif louable de réduire l’échec scolaire, se cache en réalité une volonté de faire passer à la trappe la formation générale, pour se concentrer sur l’acquisition de compétences directement utilisables par une entreprise. « La plateforme de lutte contre l’échec scolaire et la CPU », www.skolo.org (consulté en octobre 2013).

[87] La Libre Belgique, 14 janvier 2012.

[88] Le Soir, 9 juillet 2013.

[89] La Libre Belgique, 27 juin 2013.

[90] On a ainsi relevé la création par le gouvernement wallon en 2004 d’un comité d’alerte, sorte de task force, composée de politiques, de représentants du patronat et de représentants des travailleurs dont la mission est d’intervenir dans une entreprise dès qu’un conflit social s’y amorce. L’objectif est d’éviter de donner « une mauvaise image » de la Wallonie. Un conflit social, ça fait tache lorsqu’il s’agit d’attirer des investisseurs étrangers. La Libre Belgique, 24 juin 2004.

[91] Avec la création de l’Agence wallonne pour l’exportation, le but est d’une part de permettre aux entreprises wallonnes de trouver des débouchés dans des pays étrangers, et d’autre part d’attirer des investisseurs en Wallonie.

[92] La Libre Belgique, 21 août 2013.

[93] C. Le Paige, « Quand Magnette joue le jeu du nationalisme… et des patrons », www.ptb.be (consulté en octobre 2013).

[94] Nous dirions plutôt qu’il s’agit d’une source de « démobilisation ».

[95] Voir aussi les déclarations de Marcourt sur le « pacte social » pour animer la vie économique wallonne. La Libre Belgique, 14 septembre 2013.

[96] R. Hedebouw, Les maux bleus du Parti socialiste (postface de Priorité de gauche. Pistes rouges pour sortie de crise), Aden, Bruxelles, 2009, p. 266.

[97] H. Houben, « La stratégie économique belge… », op. cit.

[98] H. Houben, « Contre la désindustrialisation, changer de logique », op. cit., p. 20