Revues récentes

Le dernier n° d'Études marxistes 100, octobre – décembre 2012

Couverture du n° 100La gauche européenne face à la crise

La Belgique après les élections communales
Un débat chinois

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Editorial

Depuis vingt-quatre ans, la revue Études marxistes s’est efforcée de remplir la mission énoncée dans le premier numéro paru en 1988 : « rendre compte des analyses matérialistes, progressistes, susceptibles d’affiner la réflexion marxiste dans tous les domaines de l’actualité comme dans ceux du passé qui éclairent les situations d’aujourd’hui ». À une époque où il était de bon ton de crier à la « mort du marxisme », elle affirmait « la fécondité et l’efficacité du marxisme qui a permis à des millions d’hommes, aliénés depuis des millénaires, de se libérer économiquement et socialement. Il donne aux asservis du tiers monde et du monde capitaliste une conscience lucide de leurs possibilités libératrices. Il donne à la classe ouvrière et à ses alliés une théorie et une méthode scientifique de combat pour construire une société qui mettra fin à l’exploitation de l’homme par l’homme ».

Le marxisme est tout le contraire d’un dogme. Pour un marxiste toute vérité est à la fois relative et absolue, « pas au sens de la négation de la vérité objective, mais au sens de la réalité historique des limites de l’approximation de nos connaissances par rapport à cette vérité ».

Les temps ont changé. Il est de nouveau plus facile de parler de Marx depuis que de nombreux économistes et hommes politiques l’ont redécouvert. Dès le début de la pire crise depuis 1929, ses analyses s’avèrent, une fois de plus, d’une actualité brûlante en matière d’économie. Les analyses marxistes de la crise et de la politique inhumaine du monde politique dévoué au grand capital trouvent aujourd’hui une audience plus large. En témoignent le succès remarquable et durable du livre de Peter Mertens, le président du Parti du Travail de Belgique[1] et la percée électorale de ce parti.

Études marxistes veut à l’avenir jouer un rôle plus actif dans ce débat de société. Évidemment, nous garderons les points forts sous forme de dossiers. Toutefois, nous tenterons de les aborder en apportant des aspects ou des points de vue différents. Convaincus du caractère de plus en plus européen et international de la lutte, nous continuerons à regarder au-delà des frontières et de vous présenter les analyses marxistes les plus pertinentes paraissant dans d’autres langues. La complexité des nouveaux problèmes que pose un monde en évolution permanente exige cette coopération internationale. Mais nous voulons aussi être plus rapides sur la balle. Non pas comme un quotidien — Études marxistes reste trimestriel —, mais, avec des articles plus courts, nous serons désormais plus proches de l’actualité, pour en éclairer les enjeux plus fondamentaux. Sous la forme d’interviews ou d’opinions, d’une rubrique « livres » plus fournie, nous tenterons de mettre nos lecteurs en contact avec ceux qui contribuent à faire avancer la réflexion et le combat pour une autre société. Nos lecteurs peuvent nous aider en cela en signalant des articles, des livres ou des auteurs.

Nous avons voulu profiter de ce numéro 100 pour traduire ce changement aussi au niveau de la forme. Nous espérons que des rubriques plus claires (politique intérieure belge, Europe, international, dossier, débat de société, culture, rubrique livres) rendront la lecture plus facile. Car nous ne sommes pas une revue académique, mais une revue qui publie des analyses les plus rigoureuses possible, tout en les rendant accessibles à un nombre aussi grand que possible.

À l’occasion de ce centenaire, nous tenons à remercier nos abonnés et nos lecteurs fidèles, y compris à l’étranger. Cela nous fait chaud au cœur de recevoir des lettres comme celle d’un lecteur français – nous avons de nombreux lecteurs en France, au Luxembourg et aux Pays-Bas – qui vient de nous écrire :

« Je tiens à vous féliciter pour le contenu de la revue. Grâce à vous, les vrais communistes français ont une revue qui arme les consciences pour combattre le système capitaliste mondialisé. Je veux souligner en particulier le contenu du no 99/2012, qui est tout à fait remarquable. »

En voyant comment la revue est appréciée loin de Bruxelles et qu’elle sert le combat aussi dans d’autres pays, nous nous sentons plus obligés encore de faire en sorte qu’elle progresse et prenne une place plus importante dans le débat politique et théorique parmi les progressistes


[1] Peter Mertens, Comment osent-ils ? La crise, l’euro et le grand hold-up, Aden, 2012.


Études marxistes 99, juillet – septembre 2012

Couverture du n° 99La lutte inachevée contre l'austérité en Belgique

Samir Amin sur la gauche, la crise et les pays émergents
L'importance du boson de Higgs

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Tandis que l'austérité s'installe dans toute l'Europe, les grèves héroïques en Grèce et les combats en Espagne montrent qu'il ne suffit plus de quelques escarmouches pour faire reculer les gouvernements. Même les petits gains requièrent des conflits très durs.

En Belgique, trois mois de lutte contre les plans du gouvernement Di Rupo ont culminé le 30 janvier 2012 en une grève générale. Le gouvernement a dû plier sur divers points, mais a réussi a réaliser ses objectifs principaux : allonger les carrières, diminuer les allocations de chômage et faire porter les effets de la crise à 90 % par les travailleurs. Joris Van Gorp explique pourquoi ce mouvement combatif remarquable n'a pas été en mesure de faire reculer le gouvernement sur les trois objectifs précités.

Interviewé par le rédacteur en chef de l'hebdomadaire Solidaire, Samir Amin pense que les pays émergents, surtout la Chine, sont en train de déconstruire la position de monopole des grands groupes capitalistes occidentaux dans les domaines de la technologie, du système financier et de l'accès aux ressources naturelles. Ces pays dits émergents peuvent-ils ou non constituer une alternative au système capitaliste mondial ? Pour cela, l'auteur appelle la gauche radicale à construire un front avec les travailleurs et les producteurs victimes des grosses multinationales et institutions financieres.

Parmi ceux qui, dans la gauche, espèrent résoudre la crise économique en Europe sans toucher au fond du système, on compte les partisans d'une protection des marchés nationaux ou européens face à la concurrence internationale. Ils appeltent cela la « démondialisation ». Pour Henri Houben et Pol De Vos, ce protectionnisme ne résout rien, au contraire, il conduira à des mesures de rétorsion et à des guerres. En aucun cas, il ne nous donne une perspective permettant d'engendrer une nouvelle société.

Le conflit entre l'Espagne et l'Argentine sur la nationalisation du pétrole, analysé par Viviana et Alfred Hunter, montre que le problème du protectionnisme ne se pose pas de la même façon pour un pays impérialiste et un pays du tiers monde qui protège ses ressources naturelles.

Nous revenons enfin sur la découverte du boson de Higgs par le CERN à Genève. Nous donnons la parole au professeur Matt Strassler qui explique l'importance de la découverte. Jean Pestieau et Dominique Meeùs de leur côté, relèvent plutôt les aspects politiques et sociétaux de l'immense travail de recherche qui a conduit à cette découverte.


Études marxistes 98, avril – juin 2012

Couverture du n° 98Le droit à la ville

L'index attaqué
La riposte à BusinessEurope
Les euro-obligations

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Aujourd'hui, la moitié de l'humanité vit dans les grandes villes. La ville n'est pas un îlot dans la société. Elle reproduit et renforce les contradictions de la société capitaliste. Depuis le début du siècle, une vision néolibérale de la ville a envahi la politique. Daniel Zamora analyse cette évolution. Comment assurer à chacun un « droit à la ville », c'est-à-dire une ville qui garantit le droit au logement, à la santé, à l'enseignement, à l'emploi, à la culture, à la participation et à un espace public réellement démocratique ? Selon l'auteur, le développement d'une politique libérale de la ville est lié aux formes de fi nancement de celle-ci. Une autre politique suppose en premier lieu un refi nancement général des communes et des villes.

L'indexation des salaires a permis aux travailleurs et allocataires sociaux en Belgique le maintien d'un pouvoir d'achat décent. Cela n'est pas du goût du patronat belge et européen, relayé par la Commission européenne et les forces politiques de droite belges. Où en serions-nous sans cette indexation ? C'est la question à laquelle répond Gérard Craan.

L'Europe intervient de plus en plus dans notre vie quotidienne. Depuis l'année dernière, la Commission européenne dicte même les choix budgétaires de ses États membres. L'euphorie sur l'euro et la liberté de circulation a fait place à un sentiment de rejet de plus en plus ouvert de la politique d'austérité européenne. Comment combattre le plus effi cacement cette politique ? Le repli national créet- il de meilleures conditions pour le combat contre l'Union européenne ou faut-il au contraire renforcer la coopération syndicale et politique qui fait aujourd'hui tellement défaut ? Ce sont les questions que nous expliquent Jo Cottenier et Pol De Vos.

Dans ce débat, une proposition revient souvent : l'émission d'euro-obligations à l'échelle européenne qui permettrait aux pays d'emprunter auprès d'un organisme central et de payer un taux identique. Ainsi disparaîtrait la montée vertigineuse des tarifs imposés aux gouvernements les plus « faibles ». Mais est-ce une si bonne idée ? Pas si sûr, dit Henri Houben.

Enfi n, nous revenons sur le bilan et l'actualité des révoltes dans le monde arabe avec un article de Samir Amin et une critique du livre Syriana.


Études marxistes 97, janvier – mars 2012

Couverture du n° 97Orage financier sur les communes

La crise alimentaire mondiale
Pour qui roule Alain Soral ?
Matière et lumière

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Aucun aspect de la vie publique n'échappe à la crise et aux plans d'austérité censés la résoudre.

Aucun niveau de pouvoir n'est épargné. En Grèce, les ouvriers municipaux sont de toutes les manifestations. Certains d'entre eux ne touchent plus de salaire depuis des mois, car les caisses de la commune sont vides. Partout en Europe, les communes et les services qu'elles fournissent sont visés par des plans d'austérité. Même en Allemagne, les communes sont menacées de faillite.

En Belgique, où en sont les finances communales ? Question importante, car sans finances communales saines de nombreux services à la population risquent de disparaître ou de devenir plus chers. Koen Hostyn et Kris Merckx ont regardé les comptes communaux et tirent la sonnette d'alarme.

Ella Rule poursuit son analyse, entamée dans le dernier numéro, de la crise alimentaire. Inutile de dire que tout lien entre l'aggravation de cette crise et la crise économique capitaliste est bien réel.

La crise touche aussi des couches de la population jusqu'ici relativement épargnées, comme les jeunes,de plus en plus nombreux, issus de milieux populaires et plus particulièrement de l'immigration, qui, ayant fait des études plus poussées que leurs parents, pouvaient prétendre à des emplois mieux rémunérés et protégés. Avec la crise, ils voient leur avenir menacé. Déçus par la gauche socialiste, ils forment un public de choix pour Alain Soral, essayiste français proche du FN. Arnaud Staquet nous présente cette nouvelle extrême droite et les méthodes et arguments utilisés par Soral pour attirer les jeunes.

Dans leur article sur le progrès de la physique du 17e au 21e siècles, Jean-Pierre Kerckhofs et Jean Pestieau s'attaquent à la crise des idées. Ils répondent à ceux qui, depuis la chute du mur, ont déclaré la fin des idéologies et se sont présentés comme les hérauts du relativisme philosophique, certains profitant même de l'introduction du hasard dans un domaine scientifique pour laisser croire que désormais l'irrationnel et la science feraient bon ménage. L'objectif des auteurs est de montrer que la physique moderne est parfaitement rationnelle et ne valide nullement le relativisme ambiant. En même temps, ils nous décrivent les progrès scientifiques phénoménaux des derniers temps.