Revues récentes

Le dernier n° d'Études marxistes 97, janvier – mars 2012

Couverture du n° 97Orage financier sur les communes

La crise alimentaire mondiale
Pour qui roule Alain Soral ?
Matière et lumière

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Aucun aspect de la vie publique n'échappe à la crise et aux plans d'austérité censés la résoudre.

Aucun niveau de pouvoir n'est épargné. En Grèce, les ouvriers municipaux sont de toutes les manifestations. Certains d'entre eux ne touchent plus de salaire depuis des mois, car les caisses de la commune sont vides. Partout en Europe, les communes et les services qu'elles fournissent sont visés par des plans d'austérité. Même en Allemagne, les communes sont menacées de faillite.

En Belgique, où en sont les finances communales ? Question importante, car sans finances communales saines de nombreux services à la population risquent de disparaître ou de devenir plus chers. Koen Hostyn et Kris Merckx ont regardé les comptes communaux et tirent la sonnette d'alarme.

Ella Rule poursuit son analyse, entamée dans le dernier numéro, de la crise alimentaire. Inutile de dire que tout lien entre l'aggravation de cette crise et la crise économique capitaliste est bien réel.

La crise touche aussi des couches de la population jusqu'ici relativement épargnées, comme les jeunes,de plus en plus nombreux, issus de milieux populaires et plus particulièrement de l'immigration, qui, ayant fait des études plus poussées que leurs parents, pouvaient prétendre à des emplois mieux rémunérés et protégés. Avec la crise, ils voient leur avenir menacé. Déçus par la gauche socialiste, ils forment un public de choix pour Alain Soral, essayiste français proche du FN. Arnaud Staquet nous présente cette nouvelle extrême droite et les méthodes et arguments utilisés par Soral pour attirer les jeunes.

Dans leur article sur le progrès de la physique du 17e au 21e siècles, Jean-Pierre Kerckhofs et Jean Pestieau s'attaquent à la crise des idées. Ils répondent à ceux qui, depuis la chute du mur, ont déclaré la fin des idéologies et se sont présentés comme les hérauts du relativisme philosophique, certains profitant même de l'introduction du hasard dans un domaine scientifique pour laisser croire que désormais l'irrationnel et la science feraient bon ménage. L'objectif des auteurs est de montrer que la physique moderne est parfaitement rationnelle et ne valide nullement le relativisme ambiant. En même temps, ils nous décrivent les progrès scientifiques phénoménaux des derniers temps.


Études marxistes 96, octobre – décembre 2011

Couverture du n° 96Pensions et index attaqués

La question nationale en Espagne
Libye et droit d'ingérence
La crise alimentaire mondiale

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Avec la crise de l’euro, les discours optimistes sur la reprise économique se sont brusquement évanouis. Cette fois, la récession va toucher l’économie réelle : des millions d’emplois sont menacés. Les médecins appelés au chevet du malade en 2008 ignorent toujours le diagnostic qui s’impose : ceci est une crise de surproduction. Les entreprises produisent plus que ce que l’immense majorité de la population peut acheter.

Les médecins de la Commission européenne, cependant, ne sont pas là pour guérir le malade, mais pour obliger les États en difficulté à rembourser les emprunts contractés auprès des grandes banques, pour permettre aux multinationales de continuer à profiter des réductions de charges fiscales et sociales et à trouver une main-d’oeuvre de moins en moins chère et de plus en plus flexible. Ils continuent à claironner que c’est la seule façon de créer des emplois.

Parmi les remèdes mortels proposés en Belgique, où le PS vient de prendre la tête du gouvernement, deux sont analysés dans ce numéro : Les salaires seraient trop hauts, il faudrait abolir l’indexation automatique dans les pays où elle existe encore. La Commission a déjà exigé que la Belgique s’attelle à cette tâche. Les socialistes s’y opposeront-ils ? Au Luxembourg, nous explique Ali Ruckert, ce n’est pas le cas.

Puis, il semblerait que nous ne travaillons pas assez longtemps et que le vieillissement va nous mettre en faillite. Jo Cottenier analyse la réalité derrière ces prévisions apocalyptiques et en dévoile les véritables objectifs.

Voilà du matériel précieux en vue de l’offensive contre ces deux acquis de dizaines d’années de lutte sociale en Belgique.

Il n’y a pas qu’en Belgique que le nationalisme sévit dans les régions riches. En Espagne, il se donne même des couleurs de gauche. Juan Nogueira López nous explique l’origine et l’évolution de ces nationalismes basque, catalan, galicien. Il explique leur succès, entre autres, par l’affaiblissement du mouvement communiste.

Le Parti algérien pour la démocratie et le socialisme examine les conséquences de la victoire de l’Otan en Libye pour les forces progressistes dans le reste de la région et plus particulièrement en Algérie.

La crise économique nous ferait presque oublier la crise alimentaire, qui a lieu dans un contexte où la moitié de la nourriture produite dans le monde est tout simplement jetée ou détruite. Nous publions dans ce numéro la première partie de l’analyse qu’Ella Rule fait de ce phénomène.

Enfin, Erich Buchholz nous livre une comparaison surprenante de l’évolution de la criminalité dans les deux États allemands avant la chute du mur. Nous découvrons ainsi les acquis et les problèmes en cette matière en République démocratique allemande.


Études marxistes 95, juillet - septembre 2011

Couverture Etudes marxistes 95 Le coup d'État de BusinessEurope

Climat et justice sociale
La colère des Grecs
L'histoire selon Domenico Losurdo

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En 1993, quatre ans après la chute du Mur de Berlin, Ludo Martens, qui vient de nous quitter et à qui nous rendons hommage dans ce numéro d'Études marxistes, rédigeait avec le poète américain Amiri Baraka un Manifeste pour une poésie révolutionnaire et internationaliste. Les deux auteurs y réaffirmaient leur conviction que « le socialisme sera la victoire des humains contre les loups déguisés en démocrates ».

Quinze ans plus tard, des millions de gens sont expulsés de leur maison, des millions d'autres perdent leur emploi alors que les gouvernements s'en prennent aux services sociaux, à l'enseignement et aux pensions sous les diktats de spéculateurs, de multinationales et de banques planétaires appelés pudiquement « les marchés ». Cette nouvelle crise démontre à quel point nous avons besoin de poètes qui dévoilent la manipulation de la langue au service de requins prêts à tout pour satisfaire leur soif insatiable de profit.

Les travailleurs grecs mènent un combat sans relâche contre le vol de leurs salaires, la régression sociale et la privatisation du secteur public. Le Parti communiste de Grèce (KKE) et le Front militant des travailleurs (PAME) jouent un rôle de premier plan dans ces mobilisations. Pour eux aussi, le socialisme est à l'ordre du jour. C'est ce qu'écrivent Jean Pestieau et Cécile Chams.

Pourtant, l'Union européenne compte récidiver. Après la Grèce, plusieurs autres pays sont sommés de réduire leurs dépenses, au détriment de leurs populations. Pour être sûre qu'ils le feront, la Commission européenne, Allemagne en tête, veut mettre les États nationaux sous tutelle. Une crise sans issue, analysée par Peter Mertens.

Le socialisme est l'avenir de l'humanité. Cela vaut aussi pour le climat. Pour Wiebe Eekman, l'actuelle société capitaliste n'est pas en état d'apporter des solutions fondamentales en matière d'environnement. L'auteur montre que seul le socialisme porte en lui les caractéristiques d'une société durable et est en mesure de les développer.

Mais de quel socialisme parlons-nous ? Est-il encore à inventer ? Pour Domenico Losurdo, dont Daniel Zamora commente deux livres, il s'agit surtout de ne pas « fuir l'histoire ». Au contraire, il faut notamment analyser les réussites et les erreurs commises lors de cette première grande rupture avec le capitalisme qu'est Octobre 1917.


Études marxistes 94, avril - juin 2011

Couverture d'Etudes marxistes n° 94Crise et lutte de classes

Pourquoi les trains sont-ils en retard ?
La lutte en France pour les retraites
La Commune de Paris 140 ans après

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Le monde est secoué par des révolutions et des guerres. Le mouvement ouvrier dans les pays européens doit affronter des mesures antisociales sans précédent depuis la crise de 1929. Les tensions internationales s'accentuent. La crise financière a conduit à des crises à d'autres niveaux. La crise économique, la crise du secteur financier et la crise des finances publiques conduisent à une crise sociale. Les mesures d'austérité ruinent toute chance de reprise rapide et forte de la consommation. Elles aiguisent aussi les tensions dans l'Union européenne et ont des conséquences importantes sur les rapports de force dans le monde.

À toutes ces crises s'ajoute une crise démocratique. Les notables de la finance et de l'industrie exigent des « gouvernements forts ». Des catastrophes climatiques menacent, qui vont frapper en premier lieu les pays et les couches de la population les plus faibles.

Alors que tous les dogmes néolibéraux sont réfutés par les faits, les idéologues du capitalisme persistent dans leur fétichisme du marché. Ils repassent les plats du nationalisme, du racisme, de l'anticommunisme.

Le Parti du Travail de Belgique a discuté de cette évolution et veut se mettre en mode « lutte de classes ».

Pour Lucas Zeise, la croissance continue du secteur financier, les problèmes des finances publiques et de l'euro, les programmes d'austérité rigoureux risquent de conduire à la stagnation et à un nouvel effondrement financier.

Quand il s'agit de se mettre en mode « lutte de classes », l'exemple vient de la France. Jean Pestieau fait le bilan de la lutte contre le projet de loi Woerth sur les retraites fin 2010. Le projet a finalement été voté. Mais, disent les syndicalistes engagés dans ce combat : « Sans lutte, la régression sociale s'accélérerait. »

La SNCB s'était engagée à faire de la ponctualité la priorité de 2010. L'année s'est pourtant terminée avec des retards énormes sur toutes les grandes lignes. Pourquoi ces problèmes apparaissent-ils maintenant ? Michaël Dupuis et David Para les placent dans le contexte de la libéralisation voulue par le pouvoir politique en Europe et en Belgique.

À l'occasion des 140 ans de la Commune de Paris, Frans De Maegd revient sur ce premier État socialiste et explique pourquoi, malgré un combat héroïque, la Commune n'a pas pu se maintenir.


Études marxistes 93, janvier - mars 2011

Couverture d'Etudes marxistes n° 93Keynes et Marx sur la crise

Tunisie : la répétition générale de 2008
Les nouveaux habits de l'Otan
Cuba : quels changements ?

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En ce début de 2011, le mot « révolution » est sur toutes les lèvres. Partout dans le monde arabe, le peuple se soulève. En Tunisie et en Égypte, une vague démocratique de la jeunesse, des femmes et des travailleurs a balayé des régimes répressifs, corrompus qui vendaient leur pays aux multinationales.

La révolution en Tunisie ne tombe pas du ciel. Elle est l'aboutissement de luttes de classes, parfois très dures, contre les conséquences de la crise du capitalisme. La grande grève du bassin minier de Gafsa, sauvagement réprimée, a jeté les bases de la révolution actuelle. Ammar Amroussia du Parti communiste des ouvriers de Tunisie a dressé le bilan de cette lutte de 2008, confi rmant que des défaites bien analysées peuvent devenir les germes de la victoire.

Ces soulèvements sont un encouragement aussi pour les travailleurs dans les centres impérialistes, confrontés au même système. La lutte de classes est et reste le moteur du progrès. Le but doit être de renverser le pouvoir du capital, sinon aucun progrès durable n'est possible. C'est une leçon que les dirigeants socialistes ont rejetée depuis longtemps, au point de devenir des amis politiques des dictateurs chassés par le peuple et, dans les pays européens où ils sont au pouvoir, imposer des plans d'austérité pour compenser les cadeaux faits aux banques.

Henri Houben se demande si Keynes, le vieux maître à penser de nombreux sociaux-démocrates peut contribuer à résoudre la crise. Sa réponse est non. Tout au plus peut-il prolonger le capitalisme et préparer la crise suivante, plus terrible encore. En plus, si on regarde ce que nous proposent les stars montantes du socialisme belge, francophone, nous restons même loin en dessous de Keynes. Germain Mugemangango a lu pour vous le dernier livre de Paul Magnette, probable futur dirigeant du Parti socialiste.

Avec les événements de Libye, des voix — parmi lesquelles des socialistes — s'élèvent pour intervenir militairement : une nouvelle mission pour l'Otan. Depuis des années, cette institution de la guerre froide se transforme pour pouvoir jouer le gendarme international chargé de défendre l'ordre capitaliste dans le monde entier. Ludo De Brabander montre comment derrière ce rôle se cache la défense des intérêts économiques des grandes puissances occidentales.

Enfi n, le socialisme. Pol De Vos présente, à l'aide de documents préparatoires au 6e congrès du Parti communiste de Cuba, la grande campagne de réformes et de modernisation qui a lieu actuellement dans l'île.


Études marxistes 92, octobre - décembre 2010

Couverture d'Etudes marxistes n° 92Où va la Belgique ?

Les partis communistes face à la crise
Louis Deltour, artiste pour le peuple

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Du surréalisme en politique au réalisme dans l’art : voici la Belgique. En effet, il était impossible de ne pas revenir sur les moments dramatiques que vit la Belgique. Plusieurs articles y sont consacrés.

Nous présentons d’abord la position du seul parti politique en Belgique qui se bat encore pour l’unité du pays, le Parti du Travail de Belgique. Ce n’est pas que le parti estime qu’après cinq réformes de l’État la Belgique fonctionne bien ; on pourrait beaucoup simplifi er et rationaliser. Mais la fuite en avant vers le séparatisme va tout compliquer, va appauvrir et affaiblir les travailleurs des deux côtés de la frontière linguistique et va conduire à des querelles communautaires interminables.

On peut déjà tirer des enseignements des réformes de l’État belge depuis 1970. Tino Delabie traite des pour et des contre en ce qui concerne la scission déjà ancienne du secteur de l’enseignement.

L’Italie est un pays d’où les progressistes regardent avec une attention particulière l’évolution de la situation en Belgique. Ils connaissent un phénomène semblable avec le mouvement fédéraliste incarné dans la Lega Nord d’Umberto Bossi dans le nord de l’Italie. Domenico Moro, économiste du Parti des communistes italiens (PdCI) nous explique le pourquoi du succès de la Ligue.

Dans la foulée, Herwig Lerouge attire l’attention sur le véritable projet de société du nationalisme fl amand, version Bart De Wever, en jetant un coup d’oeil sur son maître à penser, le grand adversaire de la Révolution française Edmund Burke.

Dans ce numéro, on trouvera par ailleurs les conclusions du Séminaire communiste international 2010, tenu à Bruxelles en mai dernier, sur l’approfondissement de la crise du capitalisme et sur les interventions concrètes des partis communistes dans les luttes de classe en cours.

Enfin, une fois n’est pas coutume, mais cela devrait le devenir, nous abordons la science et l’art.

Robert Halleux nous fait une démonstration magistrale de l’importance, souvent négligée, des facteurs économiques dans le développement de la science. Il nous explique en particulier ce que les connaissances humaines doivent au travail d’innombrables artisans qui, sans connaître de formules mathématiques, ont ouvert le chemin à la science moderne.

Benny Madalijns situe les idées politiques de Louis Deltour, artiste communiste, et leur expression artistique dans leur époque : les années de la guerre froide (1945-1989). Qu’un Flamand étudie un artiste wallon est en soi un événement en ces temps d’apartheid culturel en Belgique.


Études marxistes 91, juillet - septembre 2010

Couverture d'Etudes marxistes n° 91André Renard, figure de
proue du syndicalisme belge

La bataille de l'Océan Indien
L'écologie du socialisme

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Ringarde, la lutte de classe ? Il faut croire que non. La crise aidant, dans la plupart des pays européens, patronat et gouvernements d’une part et travailleurs de l’autre s’affrontent plus durement que dans la décennie passée.

En Belgique, nous commémorons en cette fin d’année le cinquantième anniversaire de la grève générale de 1960-61, une des plus grandes luttes menées par la classe ouvrière belge. C’est l’occasion pour Johnny Coopmans de retracer la vie d’une figure emblématique du syndicalisme belge, André Renard, pour qui cette grève a été un des derniers combats. Renard est une personnalité controversée, mais il avait un point fort : il était convaincu que les travailleurs ne pouvaient obtenir une avancée sans créer un rapport de force favorable face au patronat et au gouvernement, y compris dans la rue.

C’est ce que semblent avoir oublié les dirigeants syndicaux allemands. En dix ans, les travailleurs allemands, considérés parmi les mieux payés, ont vu baisser leur salaire réel. L’Allemagne a connu une explosion d’emplois à 5 €. Beaucoup de travailleurs y sont officiellement pauvres. Volker Metzroth nous explique comment on en est arrivé là.

La crise a réellement changé le monde et les rapports de force. L’impérialisme américain est conscient que sa domination incontestée est désormais menacée. Il réoriente sa stratégie en direction de l’océan Indien, autour duquel vit une grande partie de l’humanité. Pour les Américains l’essentiel est d’encercler la Chine. Mohamed Hassan décrit cette stratégie, ses probabilités de réussite et ses dangers pour la paix mondiale.
Avec les contributions de John Bellamy Foster sur l’écologie du socialisme et de Marc Vandepitte sur le nouveau cours économique à Cuba, nous continuons notre série sur le socialisme, ses perspectives, ses expériences vécues et ses problèmes.


Études marxistes 90, avril - juin 2010

Couverture d'Etudes marxistes n° 90La zone euro en crise

La sécurité du rail
Barack Obama :
Le renouveau de la démocratie américaine ?

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Loin de se résoudre, la crise économique frappe aujourd'hui les États. Pour sauver les banques, ceux-ci ont dépensé des sommes astronomiques, créant des déficits budgétaires énormes. Certains États fragilisés sont victimes des spéculateurs et doivent faire appel au Fonds Monétaire International ouà l'Union européenne.

Henri Houben analyse les causes profondes de cette situation et critique l'acharnement des dirigeants européens à maintenir la politique néolibérale qui a conduit à la crise. Plutôt que de réduire encore les budgets sociaux et les dépenses publiques, il faudrait augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs, renforcer les systèmes sociaux et empêcher les banques de prendre en otage les États. Par ailleurs, Matteo Santi complète le plaidoyer pour une banque publique, précisant notamment que celle-ci ne peut en aucun cas être une entreprise cotée en Bourse.

Cette orientation se heurte évidemment aux puissances économiques en place, aux partis dominants y compris la social-démocratie. Mais, il n'y a pas d'autre choix : le mouvement ouvrier devra débattre de ces questions. Le capitalisme n'a plus de miettes à distribuer. La question du système est à l'ordre du jour.

D'autant plus que les conséquences politiques de cette nouvelle phase de la crise sont très lourdes. L'éclatement de la zone euro est ouvertement discuté. L'UE résistera-t-elle à cette tourmente ? Beate Landefeld se demande s'il existe une bourgeoisie européenne qui pourrait empêcher la désintégration de l'Union et propose des éléments de réponse à cette question.

Daniel Zamora Vargas poursuit sa recherche sur l'élection d'Obama. Les méthodes d'organisation communautaire qu'il a utilisées font-elles de lui un président de gauche ?

Enfin, nous revenons sur la catastrophe ferroviaire qui coûta la vie à dixneuf personnes près de Hal en mars 2010. David Para et Michaël Dupuis nous montrent le lien entre cette catastrophe et la politique européenne de libéralisation des transports publics.


Études marxistes 89, janvier - mars 2010

Etudes marxistes n° 89 Opel soldé

La Chine et Copenhague
Comment Obama fut élu
La crise grecque

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L’affaire d’Opel Anvers est une nouvelle étape de la restructuration du secteur automobile en Belgique. Depuis 1997, 12.000 emplois directs ont disparu. Henri Houben situe la volonté de fermer Opel Anvers dans le cadre de la crise mondiale de surproduction dans le secteur. Mais, dans une mobilisation pour Opel Anvers, lauteur voit aussi une opportunité : celle d’être un détonateur, l’occasion de comprendre qu’il faut d’autres perspectives, d’autres solutions et, en fin de compte, un autre type de société.

La Chine serait-elle responsable de l’échec du sommet de Copenhague ? Pas selon beaucoup de pays du tiers monde, qui voient plutôt en la Chine leur représentant. Que s’est-il réellement passé à Copenhague et que fait la Chine contre le réchauffement climatique ? Deux questions auxquelles tente de répondre Frank Willems.

Daniel Zamora Vargas analyse la récente victoire de Barack Obama à lélection présidentielle étasunienne. Il examine surtout le rôle joué par le renouvellement des méthodes de mobilisation. Plus de dix millions de personnes ont participé de près ou de loin à la campagne. Pour réussir ce tour de force, Obama a utilisé des méthodes apprises dans l’organisation communautaire entre 1985 et 1988, mais avec un autre budget et un objectif bien différent de celui qui mobilisait les Afro-Américains dans les slums de Chicago.

La parution du premier numéro de la Revue communiste internationale, fruit de la collaboration de revues théoriques marxistes du monde entier, est un événement, que nous saluons en publiant son éditorial. Nous avons choisi aussi dans ce premier numéro de vous présenter un article d’Eleni Mpellou sur la crise et ses conséquences pour la Grèce.