Visite du département de l’Aisne dans le nord de la France

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À la recherche de nos ancêtres, au travail et à la guerre
samedi 14 juin 2014

Nous allons visiter deux sites dans le nord de la France, chacun d’une grande importance historique.

  • Le Familistère de Godin à Guise, où le socialisme utopique semblait devenir réalité. Explications de Bob Roeck, de l’Institut d’études marxistes.

  • Le site de guerre, la Caverne du Dragon, au Chemin des Dames. Où des soldats français et allemands se battaient les uns contre les autres tout en vivant dans d’immenses grottes et où des milliers de soldats africains étaient utilisés comme chair à canon. Explications de Marc van Campen, de l’Institut d’études marxistes.

Frans De Maegd, responsable de l’Inem pour les promenades et visites, dirigera le voyage.

Le Familistère de Godin à Guise
Plan du Familistère

« Godin était un remarquable capitaine d’industrie dans le nord de la France, à la tête d’importantes fonderies et manufactures d’appareils de chauffage et de cuisson à Guise (dans le département de l’Aisne) et à Bruxelles (quai des Usines, avant le pont Van Praet). Cet industriel autodidacte atypique est aussi journaliste, écrivain et homme politique. Il devient député de l’Aisne en 1871.

Nourri des idées de Saint-Simon, d’Étienne Cabet ou de Robert Owen, Godin a en 1842 la révélation de la doctrine de Charles Fourier. Il sera socialiste phalanstérien. Godin adhère à l’École sociétaire fondée par les disciples de Fourier. Le jeune industriel se révèle plus déterminé que le polytechnicien Victor Considerant dont il a soutenu en 1853 l’essai de colonie fouriériste au Texas. De 1859 à 1884, Godin bâtit à proximité de son usine de Guise une cité de 2000 habitants, le Familistère ou Palais social, la plus ambitieuse expérimentation de l’association du travail, du capital et du talent qui ait été conduite. Le Familistère est une interprétation critique originale du phalanstère de Fourier : une utopie réalisée. » http://www.familistere.com/category/decouvrir-le-familistere/

Une fête au Familistère

Notre ami marxiste Bob Roeck a fait sa propre analyse marxiste de cette expérience. En voici un extrait :

Marx, Engels et Godin étaient contemporains. Engels estimait Godin pour son objectif « de cons

truire le Familistère non comme une affaire rentable, mais comme expérience socialiste » et pour son rejet conséquent de la propriété privée quand il légua sa fortune, le Familistère et son usine à une association de son personnel pour qu’elles deviennent propriété collective.

Plus tard, Engels constata néanmoins que « le Familistère est devenu finalement, lui aussi, un simple foyer de l’exploitation ouvrière ».

Ces deux phrases résument à la fois la grandeur et les limites du Familistère de Guise.

Marx et Engels écrivaient dans le Manifeste du parti communiste, que le socialisme de Fourier et de Saint-Simon rejetait toute forme d’organisation et d’action révolutionnaire des ouvriers et qu’ils ne reconnaissaient pas la puissance émancipatrice de la classe ouvrière, classe qui ne peut se libérer qu’en libérant les autres couches de la population.

Le Familistère aujourd'hui

Pour Godin, les défaites de la révolution de 1848 en France (à laquelle il a participé) étaient la preuve que ceux qui cherchaient à réaliser ces conditions humaines meilleures par des moyens conflictuels et politiques n’aboutiraient jamais à rien. Il les appelait : « ceux qui ont trop la haine du mal et pas assez la science du bien ». Il voulait arriver à son idéal socialiste en restant en dehors des bouleversements sociaux « où sombrent les patients édifices ». Pour lui, le socialisme ne devait pas être réalisé par la force du nombre et la conscience des travailleurs, comme le disaient Marx et Engels, mais par « l’ordre, l’amour et l’harmonie.

Le familistère de Guise a déposé le bilan en 1968, au moment des événements de mai '68, à cause de la concurrence et de la mondialisation, de la modernisation de la production et de l'abandon du charbon comme combustible (son core-business depuis le début). De leur coté, les deux piliers ouvrières défendus par Marx et Engels, le parti ouvrier et l'organisation syndicale, ont instauré un régime social au service de toutes les couches de la population, par leurs luttes et leurs actions politiques. Cette émergence des acquis sociaux, surtout pendant les années d'après guerre en Europe, a finalement fait perdre le modèle d'avant-garde que le Familistère a représenté pendant plus d'un siècle. ».

Pour le texte intégral de Bob Roeck, voir https://sites.google.com/site/boberssite/familistere-de-guise.

Le site de guerre, la Caverne du Dragon au Chemin des Dames

Les soldats dans le Caverne du Dragon

Lors de la Première Guerre mondiale, et dès les premiers mois de l’année 1915, des troupes allemandes investissent une carrière de pierre probablement exploitée à partir du 16e siècle, sur le Chemin des Dames dans le département de l’Aisne. Plus qu’un abri de fortune, la grotte se transforme vite en enjeu militaire stratégique.

L’une des légendes ayant peut-être inspiré aux Allemands le nom de « Caverne du Dragon » est la présence d’armes aux sept entrées, prêtes à cracher le feu tel le dragon à sept têtes.

Les mitrailleuses sont postées. L’ennemi à abattre les combattants français… Le Drachenhöhle vient de naître, et le sang coule déjà.

Le 25 juin 1917, peu après l’échec dramatique de l’offensive Nivelle, des soldats français remportent une victoire : la prise de la Caverne du Dragon. Ils repoussent peu à peu les Allemands au fond de la grotte. À partir du mois de juillet et jusqu’en octobre 1917, les deux camps ennemis imposent alors leurs frontières intérieures, chacun restant sur le qui-vive. Désormais, le moindre bruit entendu dans les salles de la grotte devient source d’inquiétude…

Le Caverne du Dragon actuellement

Mêlant galeries souterraines séculaires et scénographie contemporaine, la Caverne du Dragon met en lumière les éléments d’un passé lourd de souvenirs. À l’aide d’animations multiples, par le biais d’objets, de fonds sonores, de vidéos et d’images d’archives, le visiteur se retrouve immergé dans la vie quotidienne du soldat sur le front, dans l’enfer vécu par les Poilus et par ceux d’en face.

http://www.caverne-du-dragon.com/fr/default.aspx.

L’épisode de l’attaque de Nivelle a inspiré le cinéaste Stanley Kubrick dans Les sentiers de la gloire. Un classique du cinéma (1957) longtemps interdit en France. http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Sentiers_de_la_gloire.

Deux lieux de départ

Lieu de départ à la gare du Midi à Bruxelles

7 h 50 : rendez-vous à la Gare du Midi à Bruxelles, au carrefour de la rue de France et la rue de l’Instruction à l’endroit d’où part la navette pour l’aéroport de Brussels South (Charleroi). Voir plan.

8 h 00 : départ en car vers le nord de la France.

8 h 45 : arrêt du car au nord de Mons (Hainaut), sortie 21 (Le Roeulx-Binche) sur l’E42

Prix : 35 euro

Le prix comprend le voyage en car, les prix d'accès aux sites et les guides.

Programme et inscription

10 h 30 - 13 h :

visite du Familistère de Godin à Guise avec guide local et explications complémentaires de Bob Roeck, ancien délégué syndical FGTB à Caterpillar.

13 h 00 - 14 h :

repas de midi dans le réfectoire du Familistère. On peut y apporter son pique-nique ou commander un plat du jour.  

14 h 00 :

départ en car vers Le Chemin des Dames à travers la ville médiévale de Laon (pas de visite).

15 h 30 - 17 h 30 :

visite du site de guerre La Caverne du Dragon (Chemin des Dames) avec guide local et explications complémentaires de Marc van Campen, responsable du Centre culturel La Braise à Charleroi.

17 h 30 - 18 h :

Pause café au buffet du site.

18 h 00 :

retour en Belgique, arrivée à Bruxelles vers 21 h.

Le nombre de participants est limité

Maximum 22 participants par groupe linguistique. L’ordre des participants dépend du paiement, pas de l’inscription (voir bon ci-dessous). Nous conseillons à chacun(e) de s’inscrire et de payer aussi vite que possible.

Contact : Frans De Maegd, responsable des promenades et visites, promenades@marx.be. Cette visite est organisée par l'Inem, Rue de la caserne 68 1000 Bruxelles, tel. +32 2 504 01 44.