Université marxiste d'été 2013

 Université Marxiste d’été 2013 

Du 17 au 25 août

 Actualité du marxisme : s’approprier le marxisme afin de comprendre et de  changer  le monde contemporain

Informations pratiques et inscription

 Cours de base 

Attention : les cours "Marx pour débutants", "histoire du mouvement ouvrier belge" et "socialisme : économie et démocratie" sont donnés deux fois. C'est à dire que le cours du week end du 17 et 18 août est identique au cours du week end du 24 et 25 août.

Marx pour débutants : Antoine Moens / 17‑18 août & 24‑25 août.

Avec des lunettes marxistes, on regarde la société autrement et on comprend comment agir. Là où les grands médias ne voient que des problèmes communautaires, le marxiste verra des travailleurs et des patrons. Contre le défaitisme, le marxiste dégagera toujours des leçons pour renforcer la lutte des travailleurs.

Histoire du mouvement ouvrier belge : Marc van Campen / 17‑18 août & 24‑25 août.

Qui a construit les premiers syndicats ? C'étaient les ouvriers flamands du textile. Qui a introduit l'esprit de lutte dans le mouvement ouvrier ? C'étaient les mineurs du Borinage. Qui a formulé les premières revendications politiques dans la classe ouvrière ? C'étaient les ouvriers et artisans de Bruxelles. Et ensemble, ils ont créé le mouvement ouvrier belge.


 Cours de niveau moyen 

Économie : les bases : Gérard Mugemangango / 19‑22 août.

Vous voulez savoir pourquoi il y a des crises, du chômage, des délocalisations, ce qu'on veut dire par compétitivité, pourquoi certains deviennent riches alors que vous qui avez trimé toute votre vie vous n'avez droit qu'à une petite pension ? Les crises économiques ne sont-elles pas la preuve que le capitalisme est dépassé ?

Disséquer l'impérialisme : Joaquim Da Fonseca, Simon de Beer  / 19‑21 août.

La crise a-t-elle un impact sur notre politique étrangère? Peut-elle expliquer pourquoi nous nous allions avec un pays, mais faisons la guerre à un autre? Où est-ce trop simpliste de voir des intérêts économiques partout et faut-il plutôt considérer d'autres facteurs comme les intérêts nationaux des Etats et les valeurs que nos pays veulent exporter? Et le facteur culturel, ne joue-t-il pas un rôle fondamental?

Deux jours seront consacrés à l'apprentissage concret de la méthode marxiste d'analyse de l'impérialisme en la contrastant avec d'autres interprétations. La dernière journée, nous essayerons très concrètement d'appliquer ce cadre au cas de la Colombie et de l'Amérique latine.

Le nationalisme contre les travailleurs : David Pestieau / 22‑23 août.

Faut-il défendre la Belgique ? Quelle Belgique ? Au nom de quoi ? Le séparatisme semble bien être une arme aux mains des grands patrons pour monter les travailleurs les uns contre les autres et démanteler nos acquis sociaux. Le marxisme peut-il nous aider à y voir clair ? Deux jours pour comprendre l'histoire du nationalisme en Belgique, son rôle hier et aujourd'hui. Deux jours pour se forger des armes pour défendre la solidarité et l'unité.

Privé ou Public ? : David Parra / 19‑20 août.

Les nationalisations avaient la cote après la Deuxième Guerre mondiale. Au début des années quatre-vingt, afin de maximiser leurs profits, les grandes multinationales ont mis au point une stratégie pour s'approprier le secteur public. Aujourd'hui, il semble que la crise économique a remis en question le « tout au privé ». Le point sur la question.


 Cours avancés 

Économie : la crise : Henri Houben / 23‑25 août.

 La participation à ce cours nécessite d'avoir des bases en économie marxiste et/ou d'avoir suivi le cours de niveau moyen : « Économie : les bases ».

La crise est-elle réellement finie ? Si l'on en croit certains comme le président hexagonal François Hollande, on verrait l'issue bientôt. Beaucoup de spécialistes (dont nous-mêmes) en doutent).

La crise commencée en 2007 et généralisée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 est la plus grave, la plus longue depuis les années 30.

On l'a présentée comme une dérive financière, un aboutissement de la cupidité des actionnaires et dirigeants bancaires qui ont ainsi gangrené l'économie mondiale dans sa totalité.

Aujourd'hui, même des auteurs comme le prix Nobel Joseph Stiglitz, qui avait étayé cette thèse, se rendent compte que l'affaire est beaucoup plus profonde, plus prolongée, et demande des solutions différentes qu'une régulation des marchés financiers.

La récession actuelle plonge au coeur même du système capitaliste mondial. Elle en montre les aspects pervers, mais aussi les limites. Elle pose la question de la société dans laquelle on vit et de sa capacité à générer encore des progrès dans le domaine économique, technique, social…

C'est cette problématique qui sera présentée et discutée, lors du cours de trois jours. Par journée, il y aura un thème central :

  1. quelle est la cause fondamentale de la crise actuelle ?
  2. quel est ou quels sont le(s) fondement(s) de la crise dans la zone euro et quel avenir pour celle-ci ?
  3. peut-on trouver des solutions uniquement au niveau financier ou faut-il avoir des issues plus globales et lesquelles ?

Chacune d'entre elles sera animée par des projections, des vidéos et des travaux de groupe.

Socialisme : économie et démocratie  / 17‑18 août & 24‑25 août.

17 août : économie du socialisme avec Jo Cottenier
18 août : démocratie sous le socialisme avec Herwig Lerouge
24 août : démocratie sous le socialisme avec Herwig Lerouge
25 août : économie du socialisme avec Aurélie Decoene
Ce cours présuppose également une connaissance marxiste de base concernant l'économie et l'État.

On entend souvent que l'URSS était une dictature, un État totalitaire, mais qu'en a-t-il été en réalité ? Sans cacher les difficultés de la construction du socialisme, ce cours tentera de faire la lumière en toute objectivité sur les réalisations concrètes en URSS et dans d'autres pays socialistes. Il tentera ensuite d'en dégager des leçons pour le socialisme du 21e siècle.


 Avis d'experts : une analyse pertinente sur l'actualité 

Electrabel et Cie : Lizz Printz / 21 août.

Vu que le nombre d'inscriptions minimum requis n'a pas été atteint pour ce cours, il est annulé. Prière de nous en excuser.

Dans les années 1990, on nous avait dit que la libéralisation du secteur de l'énergie se faisait au profit des consommateurs. Dix ans après, l'électricité n'a jamais été aussi chère et les profits d'Electrabel aussi élevés… L'économie de marché ne fonctionnerait pas ? Faut-il nationaliser l'énergie, et à quelles conditions ?

L'idéologie de la N‑VA : Ico Maly (néerlandais avec traduction simultanée en français) / 17 août.

Selon Ico Maly, l'idéologie de la N‑VA n'est pas démocratique, elle associerait un grand conservatisme social au libéralisme économique le plus débridé. Qu'en est-il vraiment ? Le point avec l'auteur d'une thèse sur le sujet, déjà un classique.

Médias et pouvoir : Michel Collon / 18 août.

Comment fonctionnent les médias ? Qui les contrôle ? Nous donnent-ils une information objective sur l'actualité ? Pourquoi tant de médiamensonges ? Procédés de la désinformation et principes de la propagande de guerre. Mécanismes de pouvoir dans les médias. Que pouvons-nous faire pour défendre le droit à l'info ?

Souriez, vous êtes fichés : Aurélie Decoene / 23 août.

Les atteintes à la vie privée de la part des autorités et des entreprises privées sont sans conteste le phénomène le plus important et le plus inquiétant de ces dernières décennies concernant les droits démocratiques. Ce cours veut analyser le contrôle des populations dans le contexte global de fascisation de nos sociétés.

Sauver le climat et la justice sociale : Thierry Warmoes / 19‑20 août.

Il est naturel que l'activité économique humaine provoque des changements dans la nature. Mais avec le capitalisme, les hommes ne pourront régler ni la crise économique et les inégalités sociales, ni la crise du climat et les menaces qu'elle fait peser sur la survie de l'humanité. Pour cela, il faut un autre modèle économique et écologique : le socialisme du 21e siècle.

Le capitalisme contre le droit à la ville : Daniel Zamora / 21‑22 août.

Aujourd'hui, la moitié de l'humanité vit dans les grandes villes. Depuis le début du siècle, une vision néolibérale de la ville a envahi la politique. Tous les partis traditionnels l'ont adoptée. Nous dégagerons des pistes pour garantir à chacun un « droit à la ville », c'est-à-dire à une ville qui garantit le droit au logement, à la santé, à l'enseignement, à l'emploi, à la culture, à la participation à un espace public réellement démocratique.

Quelles réformes pour quel enseignement ? : avec Charlie Le Paige, Laura Leon Fanjul, Gaëtan Carlier & Romy Aerts / 22‑23 août.

Réforme de l'enseignement supérieur francophone, réforme de l'enseignement secondaire en Flandre, enseignement par compétences. Depuis vingt ans, on n'en finit plus de réformer l'enseignement. Et pourtant, il existe des modèles qui ont fait leurs preuves : celui de la Finlande, ou même l'enseignement à Cuba.

Neurosciences, Marx, Darwin et le social-darwinisme. Hier et aujourd'hui : Johan Hoebeke / 17-18 août

Avec la visite guidée d'un musée le dimanche après-midi.

Les nouvelles découvertes des neurosciences, de la psychologie évolutionniste et de l'étude du comportement animal apportent un appui empirique à ce qui fait l'unicité de l'être humain. Celui-ci est un animal pensant, social et intelligent. La capacité d'empathie qu'il a développée au long de son évolution a abouti au langage et à la conscience (de soi). Le langage et la conscience (de soi) ont abouti à la capacité de penser et d'agir scientifiquement. Voilà les facultés nécessaires à l'apprentissage social et à l'évolution culturelle d'homo sapiens.

Karl Marx et Friedrich Engels admiraient le darwinisme. Ils en ont fait un des points de départ du matérialisme historique. Mais, en même temps, ils étaient inquiets de l'utilisation abusive de ce qu'ils appelaient à l'époque « le darwinisme bourgeois », le futur social-darwinisme, qui servit de légitimité morale à la bourgeoisie pour s'opposer aux lois sociales, résultats des luttes du mouvement ouvrier.

Nous examinerons les positions authentiques de Marx et Engels à propos du darwinisme. Nous le ferons à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques et de l'actualité socioéconomique et politique. Aujourd'hui, des variantes du social-darwinisme pointent à nouveau le nez. Elles servent aujourd'hui de légitimité morale au modèle allemand qui mène au démantèlement de la protection de l'emploi et de la protection sociale. La morale n'est pas uniquement le résultat de modèles intégrés par les animaux grégaires que nous sommes ; elle peut également être utilisée afin de défendre des intérêts de classe, ou même détournée afin de justifier l'oppression ou l'inégalité.

Durant les matinées du samedi et du dimanche, nous étudierons ces nouvelles découvertes et leurs conséquences sur les représentations que nous nous faisons de notre espèce, sur le marxisme et sur le darwinisme. Aucune connaissance préalable n'est requise. Les cours seront agrémentés de nombreuses illustrations visuelles.
Le dimanche après-midi, nous rendrons visite au Musée d'histoire naturelle de Bruxelles. Une visite guidée à travers la galerie des dinosaures, la petite salle consacrée à la naissance de l'homme et la galerie de l'évolution illustrera le cours à l'aide de nombreux exemples concrets. Le prix de l'entrée est de 6 euros pour les adultes, les jeunes (jusqu'à 25 ans) payent 2,5 euros. Sur présentation d'un justificatif, l'entrée pour les enseignants est gratuit.

Johan Hoebeke est professeur émérite en immunologie moléculaire au « Centre national de la recherche scientifique » (C.N.R.S. – Strasbourg - France)

Sauver notre sécurité sociale Formation : Eva Meeùs et Céline Mendels Flandre (Médecine pour le Peuple) / 22 août

L'Europe est en crise : la sécurité sociale est dans l'œil du cyclone. Les soins de santé et les pensions constituent le plus gros poste du budget de l'État. Sans la moindre protection sociale (allocations de chômage, pensions, soins de santé, allocations familiales…), la pauvreté affecterait 40 % de la population.

Aujourd'hui, 15 % en souffre. On ne cesse de nous répéter que le déficit de la sécurité sociale est intenable, mais pourquoi y a-t-il un déficit ? Et qui doit le combler ? Nous nous baserons sur l'histoire, sur la structure et le financement de notre sécurité sociale et sur les raisons qui motivent certains à vouloir remettre en cause ce modèle de solidarité qu'est notre sécurité sociale.

Les soins de santé et les pensions sont deux droits fondamentaux pour tous, mais certains ne les considèrent que comme des coûts. Doivent-ils être intégrés libre marché ? Comment le marxisme peut-il apporter des solutions à ce problème ?