Aperçu du programme Université marxiste été 2018

 Université marxiste d’été 2018

du mardi 7 au dimanche 12 août

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Des cours sur Marx et le marxisme…

Marx pour débutants — Fayçal Blidi / du 7 au 9 août

Le marxisme est une théorie qui nous aide à comprendre la société injuste dans laquelle nous vivons. Mais au fait, avons-nous besoin d’une théorie pour changer le monde ? L’action ne suffit-elle pas ? Lors de n’importe quelle discussion pour convaincre qu’il faut lutter, on peut entendre des excuses du genre « manifester ça sert à rien », « les gens sont égoïstes », « ce sont les patrons qui donnent du travail », etc. Tout le monde a dans la tête des idées sur comment fonctionne la société et comment l’améliorer. Ces idées, qu’on le veuille ou non, sont influencées par le discours des médias, par Internet, par l’école, par les partis politiques, etc. Or, on ne peut se battre de manière efficace pour changer la société sans savoir ce qui est faux dans tous ces préjugés.

Avec des lunettes marxistes, on regarde la société autrement et on comprend comment agir. Là où les grands médias ne voient que des problèmes communautaires, le marxiste verra des travailleurs et des patrons. Contre le défaitisme, le marxiste tirera toujours des leçons qui renforcent la lutte des travailleurs. Ce cours d’introduction au marxisme est ouvert à tous. Seule compte la motivation pour comprendre le monde et le changer. Il sera ludique : nous utiliserons des vidéos, des bandes dessinées, des tableaux, etc.

Au programme de la formation, il y aura :

  • Une introduction sur ce qu’est la philosophie, l’idéalisme et le matérialisme.
  • La dialectique et la logique formelle.
  • L’histoire des modes de production, de l’État et des classes sociales.
  • L’économie politique du capitalisme : la loi de la valeur et la plus-value.
  • Le socialisme.

Fayçal Blidi est licencié en sciences économiques.

Le capitalisme selon Marx — Nabil Boukili / du 7 au 9 août

La crise actuelle, commencée en 2007 et généralisée avec la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008 est la plus grave, la plus longue depuis les années 30.

On l’a présentée comme une question de mauvaise gestion et de cupidité des dirigeants des grandes banques. Mais ne faudrait-il pas aller plus loin et se demander si ce n’est pas le système capitaliste lui-même qui est en faillite ?

Vous voulez savoir pourquoi il y a des crises, du chômage, des délocalisations, ce qu’on veut dire par compétitivité, pourquoi certains deviennent riches alors que vous qui avez trimé toute votre vie vous n’avez droit qu’à une petite pension ? Vous remettez en question le discours qui prétend que les salariés ont, comme les patrons, tout intérêt à améliorer la compétitivité de leur entreprise ? Vous vous demandez si oui ou non les crises économiques sont la preuve que le capitalisme est dépassé ? Bref, vous voulez comprendre comment fonctionne le capitalisme ? Alors vous devez participer à ce cours d’introduction aux mécanismes économiques. Les thèmes suivants y seront étudiés :

  • La marchandise et la valeur
  • La plus-value et l’exploitation
  • Les prix et le profit
  • Les crises

Nabil Boukili est un administrateur de l’université marxiste, spécialisé dans les questions économiques.

Le manifeste du parti communiste — Frans De Maegd / 10 août

Le Manifeste est un de ces rares livres qui gardent toute leur force, toute leur actualité, cent septante années après leur rédaction.

Sa phrase d’ouverture est comme un éclair. Elle exprime le défi de tous les opprimés des temps modernes envers leurs oppresseurs. « Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre. »

Dans sa dernière phrase éclatent la confiance en soi des travailleurs, leur rage de vaincre, leur mépris de cette bourgeoisie criminelle, les sentiments les plus forts des exploités de tous les temps, de tous les pays. « Les communistes ne s’abaissent pas à dissimuler leurs opinions et leurs projets. Ils proclament ouvertement que leurs buts ne peuvent être atteints que par le renversement violent de tout l’ordre social passé. Que les classes dirigeantes tremblent à l’idée d’une révolution communiste ! Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils y ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Frans De Maegd est collaborateur de l’Inem et guide à Paris (La Révolution française et la Commune) et à Bruxelles (Marx à Bruxelles et la révolution prolétarienne de 1830 en Belgique) pour les promenades Marx, organisées par l’Inem.

Le monde, malade de la finance ? — Henri Houben / 10 août

Aujourd’hui, la finance est partout. Elle domine tout. Si bien que, face à ces géants de la banque, des assurances, du crédit, des affaires, on se demande comme simple citoyen si on n’est pas tout simplement impuissant. Mais, pour lutter efficacement, il faut d’abord comprendre la nature de ce pouvoir envahissant. Qu’est-ce qu’est cette finance qui nous entoure au point de nous étouffer ? Quelle est sa force réelle ? En quoi réside sa capacité d’influence ? D’où vient sa domination et comment pouvoir s’en extirper ? Et répondre à ces questions, c’est d’abord s’interroger sur le lien qui unit ou non cette finance, lieu de centralisation du capital-argent, et le développement capitaliste, qui a besoin de ce capital pour croître indéfiniment et assouvir la soif de profit des entreprises, de leurs dirigeants et de leurs actionnaires. C’est aussi se demander si la crise, dont nous subissons encore les effets à travers les divers plans d’austérité à répétition, est seulement financière ou si elle n’implique pas tout un système plus large et plus profond.

Henri Houben est économiste et chercheur au Gresea, membre d’AB2 et auteur du livre La crise de trente ans : La fin du capitalisme ? paru chez Aden en 2011.

État, domination de classe et oligarchie en Belgique — Geoffrey Geuens / 11 août

Le retour des « affaires » (Leaks, Kazakhgate, Publifin, Optima) et l’existence de gouvernements des droites (Bourgeois, Michel, Borsus) – appelés de ses vœux par le grand patronat – sont venus rappeler l’étroitesse des liens entre pouvoir politique et milieux d’affaires en Belgique. A contrario des condamnations morales et des interprétations convenues, le cours s’attachera à repenser les relations entre État, partis politiques et classes dominantes. Alimenté par les classiques du marxisme (Marx, Lénine, Gramsci) et les travaux contemporains sur l’oligarchie capitaliste (Pinçon-Charlot, Geuens), et révélations à l’appui, le cours devra notamment répondre aux questions suivantes : qui contrôle l’économie belge ? En quoi le concept d’« oligarchie » permet-il de comprendre le fonctionnement actuel du capitalisme monopoliste ? Où se retrouvent les membres de la grande bourgeoisie et leurs alliés ? Quelles sont les dimensions de la mobilisation de cette classe ? Comment l’oligarchie exerce-t-elle sa domination à travers l’État ? Quels rapports entre partis politiques et classes sociales ? Qui sont les intellectuels organiques de la grande bourgeoisie ? Comment fonctionne son hégémonie sur la société ?

Geoffrey Geuens est Professeur au département Médias, Culture et Communication de l’ULiege. Auteur en 2003 de Tous pouvoirs confondus. État, capital et médias à l’ère de la mondialisation, il a également écrit en 2011 La finance imaginaire, Anatomie du capitalisme : des «marchés financiers» à l'oligarchie.

Lukács, sur les pas de Lénine — Vincent Duthoy & Yuri De Belder / 10 août

C'est en 1918, que György Lukács, jeune professeur en philosophie de l'université de Budapest, adhère au parti des communistes de Hongrie. En mars 1919, il est nommé Commissaire du peuple à l’éducation de la République hongroise des Conseils de  Hongrie. L'intervention militaire franco-roumaine écrase la jeune république ouvrière, installe la dictature de l'amiral Horthy et force Lukàcs à se réfugier en Allemagne. L'arrivée au pouvoir des nazis en 1933, l'oblige ensuite à se réfugier à Moscou. Il retourne en Hongrie socialiste après la fin de la deuxième guerre mondiale.

Ce cours n'a pas l'ambition de présenter l'ensemble de la pensée de Lukàcs, qui est vaste, changeante et controversée, y compris par Lukàcs lui-même. En revanche, cette formation se propose de présenter ses analyses au moment où il fait le bilan de la révolution hongroise, au début des années 1920, après la critique de Lénine dont il a reconnu la pertinence. 

Tout comme Gramsci après lui, Lukàcs s'interroge sur l'importance de l'idéologie et de la conscience de classe dans le processus révolutionnaire. Il s'intéresse aussi à la question de l'attitude des communistes à l'égard de l'État en régime bourgeois. Tout en reconnaissant le caractère international de la révolution d'octobre, il a bien saisi certaines particularités du processus révolutionnaire en Occident, dans des pays où la culture bourgeoise est implantée depuis longtemps.  

Car selon lui, « Le prolétariat de l'Europe centrale et occidentale a encore un dur chemin devant lui. Pour parvenir en luttant à la conscience de sa vocation historique et de la légitimité de sa domination, il doit d'abord apprendre à saisir le caractère purement tactique de la légalité et de l'illégalité, bref, se débarrasser aussi bien du crétinisme de la légalité que du romantisme de l'illégalité. »

Vincent Duthoy est un collaborateur de l'université marxiste. Il a précédemment donné la formation sur La lutte des idées selon Marx, Lénine et Gramsci.

Yuri De Belder est enseignant. Il a étudié l'histoire à la VUB et s'est spécialisé en "Conflict and Development" à l'UGent. C'est là qu'il réalisa sa maîtrise sur les pensées d'Antonio Gramsci et Henri Lefebvre.

Droit du travail versus ubérisation — Barbara Gomes / 10 août

Uber et Deliveroo sont deux applications qui envahissent le monde du travail sur toute la planète. Les employés sont confrontés aux nouveaux statuts de faux indépendants ou de travailleurs indépendants. Ces nouveaux « flexijobs » seraient-ils des tentatives systématiques de saper le droit du travail ?

Quel est le but de ces innovations ? Un travail plus enrichissant ou la course aux profits ? Ou comment ces contrats s'inscrivent-ils dans la vision stratégique du néolibéralisme ? Quel seront les effets à long terme ?

Que faire ? Et comment le faire sans remettre en question l’organisation fondamentale de l'économie ? Quels sont les effets de l'individualisation et du consumérisme, par opposition à la nécessité de systèmes redistributifs, y compris un nouveau statut pour le travail - qui est bien sûr, lié à des impôts différents - et la sécurité sociale ?

Enfin nous étudierons les positions syndicales vis-à-vis de ce qu’on appelle de plus en plus l’ubérisation du travail.

Barbara Gomes est membre du bureau des Jeunes CGT, membre du Collectif des travailleurs économiquement dépendants et doctorante à l'Université Paris Nanterre. Sa thèse porte sur les plateformes numériques et le droit du travail. 

Le féminisme radical — Saliha Boussedra & Irène Kaufer / 7 août

Karl Marx a-t-il été un pionnier du féminisme ? Les femmes forment-elles une classe sociale ? Ce cours entend étudier si, oui ou non, les concepts élaborés par la pensée de Marx permettent aujourd’hui de penser le féminisme et, si oui, dans quelle mesure et avec quels concepts.

Pour Saliha Boussedra, la lutte des femmes des classes exploitées ne peut être dissociée de la lutte des classes. Selon elle et selon Marx, ce sont les conditions matérielles de vie qu’il s’agit de changer et non pas seulement les valeurs. En effet, la lutte des femmes peut apparaître comme une question sociétale à rattacher à une nécessaire évolution des mœurs. Mais c’est une fenêtre bien trop étroite pour envisager dans sa globalité la lutte féministe. Elle entend considérer avec Marx, que la question des femmes et de leur émancipation doit englober leur vie au foyer tout comme leur vie de salariée. Dans cette perspective, la lutte féministe ne sera plus réduite à des questions purement sociétales mais elle sera aussi pleinement sociale.

Saliha Boussedra est doctorante en philosophie à l’Université de Strasbourg. Ses recherches portent sur la place des femmes dans l’œuvre de Marx et la question de la prostitution. Elle est membre du comité de rédaction de la revue Cause Commune.

Irène Kaufer est militante féministe et syndicaliste depuis toujours et collabore, entre autres, au journal féministe Axelle.

Planification et socialisme — Jo Cottenier / 11 août

Y a-t-il encore un avenir pour l'économie planifiée ? Après la chute de l'Union soviétique, la victoire finale de l'économie de marché a été proclamée à grand bruit. Lorsque la Chine a adopté tranquillement l'économie de marché, le sort de l'économie planifiée semblait scellé.

Jo Cottenier est parti à la recherche de penseurs marxistes qui ont continué à réfléchir à la planification économique, il en apporte une vue d'ensemble des idées les plus innovantes. Ces penseurs ont étudié pourquoi les choses ont-elles mal tourné en Union soviétique et pourquoi pourrait-on faire mieux avec le développement actuel de la technologie, notamment la technologie de l'information ? La crise climatique ne donne-t-elle pas un nouvel élan à la réflexion sur la planification et l'économie planifiée ?

Jo Cottenier est membre du Conseil national et du service d'études du PTB. Il est responsable des dossiers socio-économiques.

Histoire du mouvement ouvrier belge — Julien Dohet / 11 et 12 août

Saviez-vous que la grève générale est une vieille tradition du mouvement ouvrier belge ? Lénine et Rosa Luxembourg admiraient la Belgique pour ce puissant moyen de lutte.

Saviez-vous que malgré sa division en trois syndicats (FGTB, CSC et CGSLB), la classe ouvrière belge est l’une des plus syndiquées au monde ?

Saviez-vous que la lutte la plus importante des travailleurs belges entre 1910 et 1921 était celle pour la journée des huit heures (d’où le nom de Maison des huit heures) ?

« L’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Cette célèbre formule a été inscrite par Karl Marx dans les statuts provisoires de l’Association internationale des travailleurs.

L’historien et militant syndical Julien Dohet nous invite à découvrir, à travers l’histoire des luttes du mouvement ouvrier belge, comment les conquêtes sociales et démocratiques ont été arrachées. Une formation qui encouragera aussi à la réflexion sur les moyens de les défendre aujourd’hui…

Julien Dohet est historien de formation et administrateur à l’IHOES.

Le changement climatique — Xavier Desmit & Alexis Merlaud / 12 août

Alexis Merlaud et Xavier Desmit aborderont avec nous certains aspects de la mécanique du changement climatique. Les éléments proposés sont une vulgarisation de la connaissance scientifique ouverte à toutes et tous. L'objectif n'est pas d'énumérer des faits concernant le climat mais d'expliquer d'abord les mécanismes sous-jacents afin de comprendre plus en profondeur le changement climatique et sa complexité. On abordera donc la dynamique des masses atmosphérique et océanique qui répartissent autour de la Terre la chaleur reçue du soleil. Ensuite on verra l'effet de serre, l'impact des activités humaines sur celui-ci, le réchauffement du système climatique et certaines de ses conséquences, et l'acidification de l'océan et ses conséquences. Dans la dernière partie du cours, les participants débattront eux-mêmes autour d'une série d'affirmations vraies ou fausses au sujet du climat que le savoir reçu leur permettra de critiquer. 

Xavier Desmit nous décrira les principaux courants océaniques, dont le Gulf Stream, et leur fonction de répartition de la chaleur à travers le globe. Il nous parlera aussi du cycle de l’eau au travers de l’exemple de l’ouragan Katrina en 2005. Il développera le lien entre les cycles de vie du fond de l’océan, du désert du Sahara et de la forêt amazonienne. Enfin, il expliquera les effets de l’activité humaine sur les écosystèmes marins, comme l’acidification des océans.

Quant à Alexis Merlaud, après une introduction sur l’histoire du climat, il nous fera partager les résultats de son travail de recherche quotidien : les mesures optiques de la pollution atmosphérique.

Alexis Merlaud est chimiste et travaille à l’Institut d’Aéronomie spatiale de Belgique.

Xavier Desmit est chercheur en écologie marine à l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

La ville est un champ de bataille — Alice Romainville & Mathieu Van Criekingen / 11 août

La pression monte sur les quartiers centraux d’habitat populaire. Au centre de Bruxelles comme dans quantité d’autres villes, ces quartiers appauvris, dépréciés et stigmatisés paraissent à présent convoités de toutes parts. Des nouveaux logements haut de gamme sortent de terre, des commerces « branchés » ouvrent leur portes, des entreprises « innovantes » s’installent et les gouvernants s’activent à faire « renaître » des portions de la ville qu’ils croyaient « oubliées ». En ce début de 21e siècle, les quartiers centraux d’habitat populaire semblent bien devenus de nouveaux objets du désir capitaliste.

D’où viennent, par où passent et qui portent ces convoitises ? Quel est le rôle des promoteurs et des investisseurs ? De ceux que beaucoup appellent « bobos » ? De la puissance publique ? Et comment les habitants et les activités ordinaires des quartiers populaires s’en sortent-ils face à ces pressions ? Au final, les questions ne manquent pas pour ceux qui veulent chercher à comprendre cette gentrification en cours des quartiers populaires et s’y opposer.

Alice Romainville est chercheuse au laboratoire de géographie humaine à l’ULB. Sa thèse de doctorat, défendue en 2015, s’intitule La production capitaliste des logements à Bruxelles.

Mathieu Van Criekingen est géographe, enseignant-chercheur à l’Université Libre de Bruxelles. Par ailleurs, il milite à Inter-Environnement Bruxelles et est également administrateur de l’Union de locataires d’Anderlecht-Cureghem.

Les chaînes des traités européens — Marc Botenga / 12 août

Voici des dizaines d’années déjà que la social-démocratie participe à la direction de l’Union européenne. Elle a apposé sa plume au bas des traités d’austérité et approuvé les directives les plus sévères. À gauche de la sociale-démocratie, il en va tout autrement. La douloureuse expérience de Syriza, en Grèce, qui a tenté de rompre avec l’interminable politique d’économies, place la gauche devant une question : quel programme européen ? Dans leur programme électoral, le parti allemand Die Linke et la liste espagnole Unidos Podemos proposent des réformes énergiques de l’Union.

Ces traités européens constituent-ils, oui ou non, un obstacle pour les partis politiques de gauche ? Doivent-ils, oui ou non, être supprimés si les partis de gauche entendent appliquer leur programme ? Ce sont ces questions qui seront abordées lors de cette formation.

Marc Botenga est juriste et politologue. Il travaille comme conseiller politique pour la fraction de la Gauche Unitaire Européenne (GUE/NGL) dans la commission Industrie, Recherche et Énergie (ITRE) du parlement européen.

La guerre psychologique stratégique — Michel Collon & Bruno Drweski / 11 - 12 août

Ou — comment la CIA et les services manipulent l’opinion, déstabilisent des gouvernements, diabolisent des opposants ?

Une « science » qui est en pleine progression : maccarthysme aux USA, embrigadement d’artistes et intellectuels durant la guerre froide, campagne contre la décolonisation africaine, doctrine Kitson en Irlande occupée, opérations FBI et Cointelpro, propagande sur la Pologne, l’Afghanistan, techniques de contrôle des forums, trolls, organisation de la propagande israélienne, méthodes de diabolisation…

Connaître l’histoire de cette « science » et les techniques des services secrets est indispensable à qui entend mener aujourd’hui la bataille des idées et de l’information.

Michel Collon est écrivain et journaliste, fondateur du site Investig’Action. Il est auteur de plusieurs best sellers dont Attention, médias ! Médiamensonges du Golfe : Manuel Anti-manipulation, Monopoly, L’Otan à la conquête du monde, Libye, Otan et médiamensonges : Manuel de contre-propagande et Le Monde selon Trump.

Bruno Drweski est historien, politologue, maître de conférences HDR à l’INALCO, ancien rédacteur en chef de La Pensée et de Recherches internationales, co-fondateur et ancien membre de la direction d’Espaces Marx, rédacteur à Ruptures. Il est auteur de nombreuses études sur l’Europe orientale et le monde arabe.

Poésie et engagement — Francis Combes & Éric Piette / 8 août

« Poésie et révolution », avant-dire par Francis Combes :

Le 20e siècle a été le siècle des poètes communistes. Aragon, Eluard, Maïakovski, Brecht, Neruda, Hikmet, Ritsos, Vallejo, Alberti, Guillen, Darwich, Aï Tsing… le nombre des poètes qui a un moment de leur vie (ou toute leur vie) ont été liés au combat pour le socialisme et le communisme et la place qui fut la leur dans l’histoire de la poésie mondiale, justifient cette affirmation qui peut sans doute en étonner certains. On s’interrogera sur les raisons qui expliquent ce phénomène, mais plus encore sur ce que ces poètes, dans leur diversité, ont apporté au combat collectif. Ce sera l’occasion de réfléchir sur la fonction sociale du poète et de la poésie. Ce qui est en jeu, à travers elle, c’est à la fois cette aventure particulière du langage que suppose toute grande poésie, mais aussi le devenir de notre sensibilité et de notre conscience, la poésie, à mes yeux, n’étant pas seulement un art du langage mais une forme de la conscience sensible.

Aborder ce sujet conduit à réfléchir au rapport entre la « vérité pratique » et « l’utopie concrète » (comme disait le philosophe marxiste Ernst Bloch), le réalisme et l’irréalisme, le matérialisme et l’idéalisme, qui, dans le domaine esthétique, entretiennent des relations particulières. C’est aussi, par là-même, s’interroger sur ce qu’on pourrait appeler, dans une optique tout à fait matérialiste, « la dimension spirituelle » du communisme.

La révolution poétique initiée par Rimbaud et prolongée par les avant-gardes du début du siècle avait fait du mot d’ordre de « changer la vie », la tâche même de la poésie. Pour beaucoup, cette transfiguration de la vie devait passer par la libération du désir, de l’inconscient et du langage. Les poètes communistes ont participé à cette aventure mais ils ont aussi cherché à la dépasser. Il y a, pour reprendre le titre d’Éluard, une « leçon de morale » non seulement de la révolution poétique du 20e siècle, mais, au sein de cette révolution, précisément de la poésie que l’on dit « engagée ».

On essayera aussi d’aborder les problèmes spécifiques que pose cette poésie et qu’il ne s’agit pas d’esquiver.

Mais, quelles que soient les personnalités, les tempéraments et les esthétiques diverses (et parfois tout à fait opposées) de ces poètes, tous ont eu à prendre en compte le drame de la condition humaine, dans les conditions de la société capitaliste, et sa transformation possible. Tous ont développé des valeurs en grande partie nouvelles au regard de la tradition poétique : la fraternité, la solidarité, l’espérance humaine, valeurs liées aux nécessités du combat. Dans le même temps, ils ont été conduits à donner de nouvelles formulations à quelques-unes des questions les plus universelles traitées par les poètes de toutes les époques et de tous les pays : le rapport entre lyrisme, satire et épopée, la question du malheur et du bonheur, l’attitude face à la vie et la mort, la confiance dans l’avenir et la part maintenue du mystère, et par-dessus tout peut-être, la nécessité de la réinvention de l’amour. En liant la question du bonheur individuel au combat pour le bonheur commun, ils ont donné une réponse nouvelle à la question d’Hölderlin : habiter le monde en poète.

Enfin, j’espère que cette rencontre, tirant quelques conclusions de la grandeur et des limites de cette histoire, sera aussi l’occasion d’esquisser les voies possibles, en ce début de 21e siècle, d’une poésie qui se voudrait révolutionnaire.

Francis Combes est né en 1953 en Lozère (France). Diplômé de Sciences Po Paris, il a ensuite suivi des études de langues orientales (russe, chinois et hongrois). En 1993, avec un collectif d’écrivains, il fonde les éditions Le temps des cerises, dont il a été le directeur jusqu’à la fin de 2011. Il est aussi l’un des fondateurs, en 2003, de l’association L’Autre Livre qui fédère des éditeurs indépendants. Poète, anthologiste, romancier et traducteur, sa bibliographie est impressionnante. Depuis 2011, il dirige la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, et nourrit un blog intitulé « Poésie d’utilité publique ». On peut lire Francis Combes dans L’Humanité où ils tient une chronique hebdomadaire.

Éric Piette est licencié en philosophie morale à l’ULB. Il est né en 1983 et est l’auteur de deux recueils de poésie, VOZ en 2011 et L’impossible nudité en 2014. Ceux-ci lui ont valu cinq prix littéraires en Belgique francophone.

Lénine dans la révolution — Francis Combes / 9 août

L’année 1917 débute par la révolution de Février qui chasse le Tsar, porte au pouvoir un gouvernement provisoire chargé, entre autres, de faire la paix avec l’Allemagne, de distribuer la terre aux paysans. Il ne fait rien de tout cela et l’année 1917 s’achève par la Révolution d’Octobre.

Au cours de cette année qui a changé le visage du monde et déterminé ce que sera le 20e siècle, Lénine ne cesse d’intervenir, par des articles, des discours, des lettres, des télégrammes… Ses écrits par lesquels il réagit au jour le jour aux événements et y imprime sa marque montrent la vivacité de sa réflexion politique, sa force de conviction, alors même qu’il est parfois au départ presque seul sur ses positions, ainsi que sa formidable détermination.

Parmi les sujets que nous aborderons lors de la formation, outre l’organisation de l’insurrection et la conquête du pouvoir, nous étudierons les premières mesures sociales, la lutte pour la paix, la question du ravitaillement, l’alliance avec les paysans, les mesures draconiennes contre les spéculateurs, la question de la liberté de la presse et celle du contrôle ouvrier, qui va prendre de plus en plus d’importance dans l’esprit de Lénine.

Francis Combes est né en 1953 en Lozère (France). Diplômé de Sciences Po Paris, il a ensuite suivi des études de langues orientales (russe, chinois et hongrois). En 1993, avec un collectif d’écrivains, il fonde les éditions Le temps des cerises, dont il a été le directeur jusqu’à la fin de 2011. Il est aussi l’un des fondateurs, en 2003, de l’association L’Autre Livre qui fédère des éditeurs indépendants. Poète, anthologiste, romancier et traducteur, sa bibliographie est impressionnante. Depuis 2011, il dirige la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, et nourrit un blog intitulé « Poésie d’utilité publique ». On peut lire Francis Combes dans L’Humanité où il tient une chronique hebdomadaire.

Science et marxisme — Pierre Marage / 9 août

Le marxisme se veut la doctrine du socialisme scientifique, fondé sur la théorie du matérialisme dialectique et du matérialisme historique.

Dans le cours, on tentera d’abord de définir ces différents termes, selon une présentation historique, et on confrontera la démarche marxiste à celle de différents courants philosophiques (idéalisme, positivisme, mécanisme, etc.). Le cours s’appuiera sur l’histoire des sciences et sur la science contemporaine.

On discutera ensuite de la place de la science dans la société, de ses relations avec les pouvoirs et du fonctionnement des communautés scientifiques.

Enfin, on abordera la question de savoir s’il existe une « science progressiste » ou « prolétarienne », en opposition à la « science bourgeoise ».

Pierre Marage est professeur honoraire de physique et d’histoire et philosophie des sciences à l’ULB.

Love and Capital — Mary Gabriel / 12 août

Ce cours est donné en anglais

Mary Gabriel est l’auteur de la biographie Love and Capital : Karl and Jenny Marx and the Birth of a Revolution. Cette biographie de Karl Marx est sans doute la meilleure qui ait jamais été écrite sur lui. (Elle a été traduite en néerlandais sous le titre Liefde en Kapitaal : Karl en Jenny Marx en de geboorte van een revolutie et ç’a été un énorme succès, comme en anglais d’ailleurs. Il n’en existe malheureusement pas de traduction en français.)

Love and Capital suit la vie de Karl Marx, de son épouse Jenny von Westphalen, de leurs trois filles et de leur grand ami Friedrich Engels. La famille a longtemps vécu comme des réfugiés à Paris, à Bruxelles et à Londres. Marx a posé les bases du mouvement socialiste et communiste. Cette biographie éclaire l’élaboration de ses œuvres les plus importantes. Nous y lisons aussi comment cette famille militante, malgré qu’elle-même vivait dans la misère, a toujours été préoccupée avant tout de l’avenir de la classe ouvrière et de l’humanité.

Lire ce livre ou écouter un exposé de Mary Gabriel, cela ne peut que donner envie d’en savoir plus sur l’œuvre de Marx et Engels.

Mary Gabriel a étudié le journalisme aux États-Unis et à Paris. Elle a travaillé comme rédactrice pour Reuters à Washington et à Londres.

L’avenir du socialisme Cubain — Erwin Carpentier / 12 août

Le parlement cubain vient d’élire, au mois d'avril dernier, un nouveau président, Miguel Díaz-Canel, un diplômé en ingénierie électronique de 58 ans et ancien ministre de l’enseignement supérieur. Un homme qui a fait preuve de ses capacités de résoudre des problèmes. Raoul Castro, lui, restera encore à la tête du Parti communiste jusqu’en 2021. Sans nulle doute, une page de l’histoire révolutionnaire de Cuba a été tournée. Dans le contexte d’une offensive de la droite sur le continent latino-américain sous l’égide des États-Unis, Cuba se voit, de nouveau, confrontée à de grands défis. Comment préserver les acquis de la Révolution et assurer la continuité du processus de changement, de perfectionnement du système socialiste cubain ? Comment la direction cubaine envisage-t-elle la construction d’un socialisme durable selon les principes et la stratégie décidés lors du 7e congrès du parti ? Et la jeunesse dans tout cela ? Ensemble nous allons découvrir comment les Cubains comptent s'y prendre.

Erwin Carpentier est membre de la direction de cubanismo.be et auteur de la brochure Cuba, syndicalement vôtre. Il suit de près les évolutions à Cuba.

Planification et socialisme — Jo Cottenier / 11 août

Est-ce que l’économie planifiée a encore un avenir ? Après la chute de l’Union soviétique, on a annoncé la victoire définitive de l’économie de marché. Et lorsque la Chine a silencieusement embrassé l’économie de marché, le sort de l’économie planifiée a semblé définitivement réglé. Jo Cottenier est allé à la recherche de penseurs marxistes qui continuaient à y croire ; il nous donne un aperçu des idées les plus créatrices. Pourquoi la planification en Union soviétique a finalement échoué et comment pourra-t-on faire mieux grâce développement actuel des technologies et de l’informatique. La crise du climat ne nous oblige-t-elle pas à rouvrir le dossier de la planification et de l’économie planifiée ?

Jo Cottenier s’est spécialisé dans les questions économiques et sociales et s’est penché sur la politique économique de la Chine, de l’ancienne Union soviétique et de la RDA. Il est coauteur de La Société Générale 1822-1992, EPO, 1989 et de Le temps travaille pour nous : Militant syndical dans les années 90 — crise, nouvelles technologies, internationalisation, EPO, 1991. Il a publié, entre autres, dans les Études marxistes (no 112, 2015), « Le krach boursier chinois : contexte et perspective ».

Qu’est-ce que Marx et Engels pensaient de Darwin ? — Johan Hoebeke / 7 août

Karl Marx et Friedrich Engels estimaient hautement l’œuvre de Charles Darwin et sa démarche scientifique dans l’étude de la nature organique qui l’a mené à la théorie de l’évolution. La méthode scientifique, c’est aussi ce que Marx et Engels ont appliqué à l’étude de la société, qui les a amenés au matérialisme historique. Marx a d’ailleurs envoyé à Darwin un exemplaire signé de son Capital. Ils avaient aussi quelques remarques critiques. Tout particulièrement à l’égard de certains disciples de Darwin qui voyaient l’homme comme un être par nature individualiste et en concurrence, qu’il appartienne ou non à une race ou à un peuple supérieur. Cette vision de l’homme a été défendue pendant des siècles par des philosophes politiques influents tels que Thomas Hobbes (17e siècle), Thomas Malthus (18e siècle) — qui ont cependant inspiré Charles Darwin dans le développement de sa théorie de l’évolution — et Herbert Spencer (19e siècle). Bien que cette image de l’homme domine aujourd’hui dans une large mesure l’opinion publique du fait du néolibéralisme, il y a maintenant une envahissante abondance de preuves scientifiques en faveur d’une vision du monde opposée. La vision d’un être « prosocial », ce par quoi on vise une tendance naturelle à un comportement social, une vision telle que Marx, Engels et Darwin la défendaient il y a cent-cinquante ans.

Johan Hoebeke a été chercheur à la Vrije Universiteit Brussel avant de rejoindre le CNRS où il continua ses recherches en immunologie moléculaire à Paris, à Göteborg, à Tours et enfin à Strasbourg. Depuis sa retraite, il se consacre à l’étude de l’histoire des théories de l’évolution.